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Les chemins de la reprise économique
Entre
les écueils du collectivisme et les excès du néolibéralisme il y a de
la place pour une véritable alternative sociétale qui permette une
vraie reprise économique et nous éloigne durablement des récifs.
Beaucoup
aujourd'hui réalisent que l'extrême versatilité des marchés est un
frein à la cohésion et à la régularité des politiques économiques
entreprises jusqu'ici. Au-delà des couloirs de bulles spéculatives qui
aboutissent à des réajustements progressifs, on s'aperçoit qu'il y a un
ensemble d'attitudes possibles et de scénarii envisageables qui
puissent être moteur d'une solide et durable reprise économique.L'aveuglement
apparent du marché correspond plus à une extrême et excessive
sensibilité à tous les indicateurs qui en rythment la vie, mais il faut
bien convenir qu'une sagesse générale émaille sur le long terme la
conduite de son action générale de promotion tous azimuts de tous les
projets susceptibles de produire de la richesse. Il faut bien
comprendre que beaucoup des mécanismes qui le guident dépendent de
technologies et de médias qui en structurent la nature et qui s'ils en
renforcent la puissance d'adaptabilité, la rapidité, la capacité
d'intervention, induisent des automatismes qu'il s'agit de décrypter et
de distribuer plus finement afin qu'ils conduisent à permettre aux
forces à l'œuvre d'éviter leurs excès induits.D'autre
part, fraction importante, non totale mais non pour autant négligeable,
une croissance nouvelle doit notamment se faire en bénéficiant de la
dynamique des nouvelles technologies. Pour se faire, elles doivent
expurger la tendance quasi naturelle qu'elles ont d'à aller dans le
sens de la dématérialisation et d'une automatisation toujours plus
grande de leurs processus de fonctionnement. Le tableau n'est pas si
noir. Les nouvelles technologies génèrent des domaines économiques, des
branches de développement et des compétences nouvelles qui font appel à
un plus grand savoir-faire humain. Mais très vite peut se remettre en
place une logique productiviste qui en expurge la chair créatrice et en
diminue l'implication humaine jusqu'aux prochains microcycles.C'est
pourquoi il est aujourd'hui nécessaire de repenser la finalité des
nouvelles technologies. Vont-elles dans le bon sens ? Ne sont elles pas
orientées et finalement prisonnières de mécanismes qui les obligent à
un toujours plus de productivité seulement imaginée répondre à la
poussée innovatrice par accroissement des phénomènes d'automation des
structures logicielles qui évacuent progressivement la nécessité du
recours au capital humain. L'interactivité à la vitesse de la lumière
peut déshumaniser. Il faut en revenir à des rythmes biologiques
appropriés et réapprendre le réel...Il
faut probablement réorienter la recherche et le développement afin de
créer quasi artificiellement des prolongements industriels ou
informationnels qui fassent appel à de larges bassins d'acteurs
économiques. Réinvestir le champ de l'action économique afin qu'elle se
déploie dans des directions reposant davantage sur la spécificité et la
puissance de l'intervention humaine, sa richesse et ses réelles
possibilités de développement en harmonie avec les apports de la
technologie, facteur de cohésion et d'échange accru entre les
différents ensembles économiques. Il
y a donc une spécificité de l'intervention humaine qui ne sera pas
minorable et qui bénéficiera des nouvelles technologies, une sorte de
développement durable allant dans le sens de la mise en valeur du
domaine informationnel pour ne pas dire culturel.La
culture serait-elle l'avenir d'une part majeure de l'économie ? Oui, en
plus de tout le reste, à condition que soit réglée la question des prix
et salaires du domaine. Trop de gratuité tue la création. Elle demande
donc un modèle économique nouveau. Une nouvelle théorie de la valeur à
l'articulation entre le monde en partie virtuel de la finance et
réalités humaines individuelles, concrètes. Il nous faut un économiste
d'exception. Il s'agit que nous fassions la violence de réclamer des
dus et des rétributions normales de notre activité. Il s'agit de
réinvestir le champs du réel pour lui adjoindre ses plus beaux
ornements tout en créant — non pas de toutes pièces — de l'espace et du
temps pour tous. Le
multimédia n'est-il pas une mise en forme de cette lente transformation
de valeur qui structure lentement les sociétés humaines ? Auquel cas il
s'agit que s'établissent des schémas de conversion et d'échange
informationnels et d'œuvres qui soient suffisamment structurés pour
permettre leur viabilité au niveau international en harmonie avec les
structures plus traditionnelles d'intervention économique. Il s'agit de
rattacher la création de valeur économique avec des variables
économiques concrètes. La richesse ne peut être uniquement rattachée à
des variables financières s'autoalimentant indéfiniment et s'éloignant
progressivement de leur nécessaire passage dans les bassins économiques
réels qui doivent leur bénéficier comme ils doivent eux-mêmes profiter
de leur action régénératrice. Que constate t-on ?Une
excessive et manifeste sous exploitation des ressources concrètes,
notamment humaines, internationales, qui en recevant cette manne, qui
aujourd'hui leur fait grandement défaut, dégageraient d'immenses
bassins de richesse réelle. Le sous emploi de populations entières
voire d'économies nationales complètes crée des sources de
développement comme en jachère, le nécessaire terreau d'une
réappropriation par l'économique d'un champ social dont il s'est
désengagé. Nous serions une agriculture disposant d'immenses plaines
fertiles sous cultivées ou utilisées d'une manière extensive, voire
négligées. C'est pourquoi l'investissement du capital international
dans le champ des économies mondiales concrètes est lui-même un immense
facteur de développement et une raison tangible d'espérer si les
acteurs économiques savent dériver une part grandissante des ressources
financières internationales vers les économies réelles locales.
 Le Renouveau européen
Il
nous faut inventer d'urgence un modèle qui permette répondre aux enjeux
de la mondialisation. Les années qui viennent auront une importance
déterminante.Nous
venons de clôturer avec les événements du 11 septembre 2001, une
période extrêmement longue de notre histoire. Celle de l'après guerre,
celle de la guerre froide et celle de la fin de l'histoire. L'histoire,
qu'on la nie en lui tournant le dos ou en la plaçant dans une mise en
boucle de la vie culturelle qu'on appelle ou non le post modernisme,
finit toujours par déborder des cadres dans lesquels on cherche à
l'emprisonner. Il est bien évidemment tentant d'en faire une substance
malléable dans laquelle il ne se passe rien toujours un peu plus, un
jour la bulle explose, la négation des progressions aboutit, qu'on le
veuille ou non, à de nouvelles phases qu'il nous appartient de
comprendre ou non, de contrôler ou pas.Les
événements de New York sont cet électrochoc. Un événement d'une telle
ampleur qu'il impose une prise de conscience planétaire et commande des
attitudes moins égoïstes et moins cyniques. La dictature de l'argent et
du sexe touchent leurs limites. Nous vivons une époque de la
surexcitation consumériste et du désir poussé dans ses retranchements
qui commandent l'invention d'une vie amoureuse nouvelle, qui vienne du
cœur et non de l'esprit, et d'une vie de consommateurs aux goûts plus
surs et aux aspirations nourries de connaissances originales qui
permettent d'instaurer des modes nouveaux de respect de l'environnement
et du développement durable des régions qui produisent ces biens. Une
nouvelle prospérité économique en découlera. Un souci plus altruiste,
une conscience plus poussée du champ dans lequel s'exerce notre
maîtrise, permet d'imaginer une psychologie des autres, des producteurs
comme des consommateurs, et renforcera la confiance et le discernement
de ceux qui rendent possibles ces échanges. Une conscience assumée de
l'échange aboutit à une psychologie nouvelle face à l'abondance. Une
connaissance plus poussée du monde libère. Les citoyens les mieux
informés sont ceux qui digèrent le plus facilement les soubresauts
symboliques de l'évolution actuelle, et ce sont aussi ceux qui
souffrent le moins des tentatives visant à restreindre l'exercice
qu'ils font de leur liberté, notamment religieuse et politique.Nous
avons vécu ces mêmes années avec une mauvaise conscience latente
installée en nous par la culture dominante comme forme de rétribution
et de punition symbolique qui nous maintenait, inconsciemment souvent,
dans l'état de minorité où l'on maintient les enfants. Ce pare-feu
idéologique qui s'est imposé à nos aînés, et vis-à-vis duquel,
d'ailleurs, ni eux, ni leurs parents, n'étaient toujours exempt d'une
certaine responsabilité, il nous faut, certes, le prendre en compte,
mais à la seule condition de le questionner, c'est à dire de lui faire
subir l'examen clair de la vérité historique où le temps se révèle être
un allié précieux dont l'objectivité implacable balaye souvent les
tentatives de manipulation qui président en général pendant les
périodes de conflit et après...On
ne nous laissait envisager notre réflexion sur nous-mêmes qu'en
établissant les preuves plus ou moins avérées d'une culpabilité,
souvent handicapante, qui provoquait un amoindrissement souvent vécu
comme une rétrogradation en seconde division. Nous étions tenus de ne
faire que recevoir ce qui s'imposait à nous, accepter sans le passage
requis au filtre préalable de notre esprit critique, des dogmes qui
nous éloignaient de nos racines. Ce faisant on nous privait des chances
de concevoir les contributions fondamentales que nous aurions pu
apporter au débat mondial.Ce
fameux débat n'existait en fait que sous la forme d'un long monologue
où nous étions contraints d'engrammer ce qui nous arrivait sans
capacité d'initiative retour. On ne pouvait envisager la vie des idées,
y compris au niveau national, que comme l'illustration d'agendas
définis de l'extérieur. Nous nous réveillons actuellement de ce long
sommeil avec la conscience encore floue pour certains, très claire pour
d'autres, d'avoir été hypnotisés, distraits des véritables enjeux que
nous aurions du sinon définir, au moins être amenés à partager la
définition.Nos
élites, une part des élites qui conduisaient notre réflexion et le
regard que nous pouvions porter sur nous-mêmes et sur les autres, nous
ont maintenus dans des débats strictement nationaux et nous ont
finalement empêchés d'avoir accès au reste des réflexions qui auraient
pu naître en Europe et dans le monde. La focalisation unidirectionnelle
qui se faisait autour d'une culture dominante, inappropriée et souvent
médiocre, était une ruine de l'âme au regard de siècles de tradition
européenne, au regard de l'excellence des lumières ou de la renaissance.Au
nom de cette mauvaise conscience, farouchement entretenue par certains,
nous nous sommes mis à délaisser notre propre culture, à la vider de sa
vie, de sa vigueur, de ses concepts, et de son sens pour lui
substituer le spectacle passif de courses de bagnoles ou de concours de
flinguage dans le décor en carton pâte général des héros moraux, certes
positifs, mais il faut bien le dire — alors n'hésitons pas à le dire —
assez peu épais sur le plan psychologique des cow-boys de Westerns.Or
les années qui se sont écoulées depuis l'événement incommensurable qu'a
été la chute des deux tours de New York ont vu un bouleversement
symbolique, presque un retournement des valeurs et résolutions que cet
événement qui avaient directement produit. Il apparaît aujourd'hui que
les choix stratégiques issus des réflexions qui se sont alors imposées,
étaient en grande partie infondés et susceptibles de provoquer des
effets pervers dont la nocivité ne pourra être purgée qu'après un temps
très long. La guerre s'est étendue, le terrorisme n'a jamais été aussi
important, le fondamentalisme gagne toutes les élections qui ont lieu
dans le monde arabe, même chez ceux qui pouvaient raisonnablement être
considérés comme modérés, y compris dans les foyers traditionnellement
progressistes, comme le sont en général les universités. Il bénéficie,
qui plus est, d'une sorte, là aussi, de retournement idéologique
puisque les événements d'Abou Grahib accréditent la thèse que les
démocraties utilisent des moyens attentatoires à la dignité humaine, et
cherchent à passer en regard, pour ce qu'elle ne sont pas, c'est à dire
des refuges contre la déshumanisation du monde.Partout,
le modèle social qui s'impose insensiblement, et parfois cruellement, à
la grande majorité des salariés du monde, est un modèle
néolibéral, néocapitaliste — pour utiliser un vocabulaire plus précis —
assez peu respectueux de ce que les conquêtes du droit social en
général, et du droit du travail en particulier, avaient pu produire
dans le but de garantir cette même dignité humaine. De plus en plus de
nos concitoyens subissent l'authentique violence de ce modèle, de
totale "flexibilité" du travail. Il prétend imposer l'échelle
planétaire, qui est la seule grandeur qu'il fait mine de reconnaître,
travaillant à éliminer ou à restreindre la capacité d'intervention et
de décision de tous les autres cadres, afin de viser le plus petit
dénominateur social mondial.Il
a donc recours à un mécanisme d'une simplicité déconcertante dont le
négociateur le plus incompétent est capable : menacer de faire
jouer la concurrence pour faire baisser les prix. Et comme il y a
toujours pire, ou moins disant, humainement parlant, on tend
naturellement vers le bas, ce que tous les employés du monde développé
qui voient leurs salaires baisser, leurs conditions de travail se
dégrader, quand on ne les licencie pas purement et simplement,
comprennent désormais, concevant également, dans la seconde qui suit,
pensent être impuissants face à ce mouvement "sans queue ni tête" et
donc, en principe, insaisissable...En
effet, l'application de la recette s'avère être en revanche un levier
puissant : s'il existe moins cher ailleurs, alors on menacera d'aller
vers cet ailleurs dans le but de payer moins cher là où on se trouve.
D'où le côté extrêmement dangereux de l'adage idéologique : Think
Global, Act Local, qui traduit ce parti-pris. C'est à dire que le point
de fuite idéal qu'il se fixe et vers lequel il prétend tendre, est un
niveau de rétribution du travail quasi-dérisoire, voire, dans l'idéal,
voisin de zéro. Cette logique à terme consiste à rétablir une forme de
servage moderne, faisant éclater les classes moyennes, imposant une
société duale séparée entre ceux d'en haut et ceux d'en bas, et même,
des fossiles mentaux traînant encore dans la tête de beaucoup de ceux
qui se sont fixé ces objectifs, d'esclavage pur et simple...L'Europe
ne peut pas se reconnaître dans ces valeurs, qui ne sont pas les
siennes et menacent actuellement le modèle existant qu'elle tente de
préserver. Le plus grave est que si ces préceptes étaient indéfiniment
prolongés, ils risqueraient, de remettre en cause son modèle de
cohésion sociale, ce qui est inacceptable.Nous
sommes en train de réaliser que cette conscience européenne et la
pertinence des réflexions économiques qui ont vu le jour sur ce
continent, ont manqué au monde, et qu'elles lui manquent aujourd'hui
davantage encore, à l'heure où l'accélération des processus de
production ne font qu'accentuer ces tendances. Nous avons vécu une
période particulièrement violente de notre histoire, une période faite
de réussites mais aussi et trop souvent, de souffrances internationales
et de guerres.L'Europe
présente d'ores et déjà à cet égard, un visage neuf. Elle s'est établie
par la négociation et la diplomatie, par la mise en commun des espaces
d'échange économiques, c'est à dire qu'elle a su faire la part à un
certain pragmatisme dont elle tire actuellement les plus grands
bénéfices. Sa vision est fondée sur la richesse et l'originalité du
modèle économique qu'elle a su mettre en place lors des trente
glorieuses. Celui-ci lui a permis de gagner d'autres combats, parfois
moins spectaculaires, tel que l'évolution générale de son niveau de
scolarité, celui de la qualité de ses formations professionnelles, ce
qui a eu des conséquences vertueuses directes sur les niveaux de
productivité de ses masses salariales, donc sur la croissance au fil
des années.Laisser
aujourd'hui s'éroder cette exigence de qualité, laisser ce haut niveau
de développement professionnel insuffisamment employé en raison des
trop larges proportions de la population salariée qui se trouvent
actuellement au chômage, alors qu'elle pourraient être réorientées vers
des professions plus actuelles, faisant une plus grande part aux
nouvelles technologies, offrirait à ces salariés des profils rajeunis
et permettrait d'impliquer d'immenses bassins de populations dans
l'économie réelle, qui sortiraient ainsi d'une l'aide sociale qui ne
peut leur assurer des niveaux de vie suffisamment confortables.Ceci
contribuerait à instaurer un double cercle vertueux : augmenter la part
de l'économie réelle tout en contribuant dans le même temps à réduire
celle des prestations sociales, ce qui aurait pour conséquence
supplémentaire de permettre le dégagement de marges de manœuvre. On
créerait ainsi dans les finances publiques des capacités
d'investissement qui permettraient de renforcer la solidité de la
croissance qui se mettrait en place. Il
est aujourd'hui temps que naisse l'alternative dont le monde a besoin,
un autre type de progrès économique, politique, social, éthique,
artistique, architectural, technique, médical, humain, que seule
l'Europe est aujourd'hui en mesure d'inventer pour que la planète,
Etats-Unis compris, puisse ensuite le reprendre à son compte et en
bénéficier... Ce sera un effort de chaque instant : chaque énergie sera
sollicitée, chaque effort devra être récompensé.La
situation faussement statique de la guerre froide est dépassée. Après
deux conflits majeurs, la chute du mur, et l'éclatement de l'URSS, la
dynamique de paix qu'ont permis, entre temps, d'assurer seuls les
américains n'est plus suffisamment stable. On voit que Le Nouvel Ordre
du monde touche à sa fin et qu'un Nouvel Equilibre — a New Balance —
s'instaure, plus stable, plus réaliste, et plus durable. On passe de
l'unilatéralisme d'une position dominante, au multilatéralisme de
multiples pôles solidaires entre eux.La
pensée unique qui domine encore aujourd'hui, comme exténuée d'elle
même, recelait un intrinsèque danger qui, dieu merci, a été évité grâce
à une certaine coordination internationale, annonciatrice de la
période, beaucoup plus pérenne, qui s'ouvre aujourd'hui. Le moment est
venu d'imaginer ce nouvel équilibre, ces nouvelles directions à
l'échelle d'un continent tourné vers l'ensemble du globe pour en
renforcer la cohésion et la prospérité collective. Débarrassée de ses
complexes, l'Europe peut jouer ce rôle de rééquilibrage et
d'assouplissement de la violence d'une logique exclusivement
capitalistique. Elle est la seule région susceptible d'amener une
réelle alternative et la création du modèle que ce livre cherche à
définir.Les
échanges européens, les allers et venues de citoyens dans l'union, la
découverte qu'ils font de cultures, de langues, de principes
d'organisation ou de cuisines qui ne sont plus tout à fait étrangers,
sachant qu'ils font partie d'un ensemble dont la cohésion apparaît
chaque jour un peu plus, marquent les pas décisifs faits dans cette
direction. Nos destins individuels, notre histoire commune sont
liés et nos valeurs ne connaissent aujourd'hui pas de frontières, même
si celles de l'union sont claires. La mise en œuvre de ces politiques,
le développement de ce modèle, en partenariat avec les autres régions
du globe, permettra alors de donner le jour à une société moins
oublieuse de principes philosophiques que l'on nous enjoignait
d'abandonner et plus riche de possibilités d'évolution sociale dont
nous bénéficierons tous à terme.
 Le Renouveau culturel
Une nouvelle ère de la culture commence aujourd'hui et l'Europe en sera un des principaux moteurs.
Ceux qui se terrent en attendant des jours meilleurs vont au devant de
graves désillusions. Le futur est là où on le créé, là où on l'invente,
là où se fixent les ferments qui peuvent lui donner sa substance à
venir. Or tous les ingrédients sont aujourd'hui réunis pour faire de
l'Europe un des centres majeurs des transformations en cours. Celle-ci
est à la croisée de toutes les influences et son antériorité culturelle
est sur le point de devenir un atout extraordinaire, capable de donner
une vigueur propre à sa recherche formelle et un sens particulier à la
construction mondiale. Les multiples clivages qui ont émaillé son
histoire ont longtemps handicapé son rayonnement — et sa puissance
économique — mais ils ont aussi contribué à créer une émulation qui
avec la chute des murs politiques va très vite devenir un avantage. La
concurrence permet à une variété de systèmes d'exister.
La mise en commun de cette richesse exceptionnelle va nourrir une
diversité qui aujourd'hui, dans un contexte d'ouverture des marchés et
des esprits, est favorable aux propositions différenciées. A l'origine
d'une forme d'évangélisation politique, par la langue, la culture, la
religion et, dans une certaine mesure, par l'économie, L'Europe va très
bientôt tirer le bénéfice de son travail d'expansion de toutes les
valeurs de civilisation. Sa culture sera le domaine principal dans
lequel se mesurera ce retour, et elle sera le principal bénéficiaire de
l'interaction planétaire qui va se mettre en place. Celle-ci, en effet,
va se bâtir au regard d'une conscience plus poussée des nécessités
éthiques à mettre en place, et elle ne se fondera pas sur la recherche
d'un envahissement du champ symbolique comme certains pôles ont cherché
à le faire depuis des décennies. Elle ne se fera pas dans un soucis de
maîtrise du vivant et de ses échanges avec l'extérieur, mais au
contraire dans un soucis plus poussé de leur respect à une heure où
ceux ci sont menacés par la progressive main mise de l'économique
concentrationnaire de l'ultra libéralisme.
Si les règles politiques sont aujourd'hui en crise, c'est parce
qu'elles doivent être réajustées afin de tenir compte des mutations en
cours. Mais le culturel n'est pas un domaine anodin. Il est lié à
l'identité des nations qui cherchent à le promouvoir. La culture n'est
pas un marché comme les autres. On n'achète pas l'âme de ceux dont on
assure la promotion des "productions culturelles" tout comme on ne peut
mettre en équation tous les termes de la consommation culturelle. Ceux
qui le prétendent sont les négriers en puissance de la nouvelle
économie mondiale et comme tels, ils doivent être amenés —au besoin par
la force (de négociation) — à respecter la liberté des différents
acteurs de la culture. On doit nécessairement s'attendre à une
remoralisation des échanges culturels qui ne veut pas dire limitation
ou censure mais prise en compte plus étayée des nécessités humaines de
ces domaines. Il faut aller vers un plus d'intelligence et de prises de conscience, sinon nous serons hypnotisés.
Or L'Europe dispose de la plus grande variété de bassins humains, de la
plus longue tradition intellectuelle, et de certains des plus hauts
niveaux de formation universitaires. Non seulement il ne faut pas
diminuer ces niveaux d'éducation, mais il faut au contraire les
renforcer. Les améliorer en permanence et proposer au reste du monde
les solutions qui auront pu se révéler efficaces en les adaptant aux
capacités locales. Nous allons en effet vers une civilisation de
l'image, du symbole et du modèle mais leur signification ne sera jamais
dépouillée du sens, et c'est pourquoi la lettre et l'écrit seront
toujours présents. Plus que jamais Internet marque leur retour en
force. Nous allons vers une société qui fera une plus grande place aux
loisirs et à la consommation culturelle. Celle-ci ne pourra faire
abstraction de la qualité et de la profondeur de son vécu historique,
scientifique et intellectuel.
L'histoire que cherchent à biaiser la grande majorité des productions
grand public — en nous imposant un unique chapitre décliné à l'envi
depuis soixante ans — est un atout dont on cherche à nous détourner par
tous les moyens. Croyant pouvoir l'imposer à la nouvelle génération.
Quitte à lui faire revivre les mêmes affres. Notre force, entre autres,
est en effet liée à la richesse sémantique de notre patrimoine culturel
et à la variété des interprétations qu'il suscite. Aujourd'hui, notre
diversité est un atout. Elle nous permet une compréhension mutuelle et
collective à l'heure où les technologies rendent chaque produit
transparent. Celles-ci vont favoriser le grand renouveau à venir et
contribuer à le décupler. Les problématiques développées à travers les
productions existantes ont prouvé une grande part de leur inadaptation
aux réalités actuelles. Il est grand temps de les renouveler. En
commençant par adopter une politique qui fasse de la place pour un
grand dessein culturel, ce en augmentant les budgets aujourd'hui quasi
dérisoires et en agissant sans complexe sur un domaine qui a besoin de
soutiens et d'orientations. Enfin centrées sur les contraintes et
possibilités actuelles concrètes, elles nous feront enfin entrer de
plein pied dans la modernité de demain. Des Clefs pour le XXIème siècle
Retour sur la situation spécifique de la France et de ce qu'elle est capable d'apporter à l'Europe et au monde.Partout
où l'on va sur le territoire national, on constate une perte de
substance inquiétante, un découragement ambiant, une précarisation
généralisée de vastes couches de la population, une augmentation
effective de la criminalité organisée, une dégradation de
l'environnement, un recul de notre jeunesse confrontée à la perte de
repères des adultes, une vaste diminution de nos valeurs et croyances
vitales, et une crise politique de la démocratie. Il est grand temps
d'imaginer pour ce pays, les antidotes nécessaires à sa future
rémission.Partir,
d'abord, d'un constat patent. La politique actuelle du gouvernement est
myope et ineffective. Sur le plan économique, une quasi-récession,
alors que d'autres pays connaissent des périodes de croissance, des
choix à contre-courant des besoins du pays et la question se pose : le
gouvernement est-il passé à l'euro ? Sur le plan social, une terrible
régression qui touche la quasi totalité des français, amenée par des
lois et décisions calquées sur les désideratas d'un club de barons
d'entreprises en manque d'inspiration, qui appliquent aveuglement les
crédos d'une idéologie planétaire dont les conséquences néfastes se
font sentir chaque jour. Sur le plan culturel, une Bérézina dangereuse
à l'heure où le français recule dans le monde et où on sort de son
chapeau une réglementation nocive pour tous les acteurs culturels. Sur
le plan énergétique, une politique sans réelle perspective que celle du
mur vers lequel nous nous dirigeons. Sur le plan environnemental, un
constat : les paroles ne sont pas suffisantes pour enrayer la
dégradation générale du milieu, en particulier de l'eau. Sur le plan
démographique, une tendance au reflux qui fait peser de graves risques
sur les retraites, la croissance à long terme, est qui n'est pas liée à
la réflexion autour des questions d'immigration dont d'autres pays
commencent à comprendre la portée. Une dette invraisemblable qui grève
le budget des générations à venir. Mais surtout, les potions des
médecins qui sont au chevet de l'état, sont plus des poisons que des
remèdes et menacent d'en faire éclater la cohésion. L'élection
présidentielle est dans toutes les mémoires.Un constat préoccupant.Que
faire ? Première constatation. Ne pas rester bras ballants. Il est
grand temps de faire aboutir une autre vision de la société et des
moyens de l'orchestrer, avant que celles qui sont en cours ne la fasse
éclater. Il est grand temps d'imaginer les clefs du XXIème siècle,
nourries de l'expérience d'une génération ayant grandi à l'articulation
entre les civilisations qui, aujourd'hui, sont en présence.Nous
avons bel et bien à faire à un choc du futur. Les inventions de la fin
du XXème siècle ont radicalement redessiné les contours autrefois
familiers d'une société qui est aujourd'hui en train d'évoluer à un
rythme accéléré. Les conceptions politiques que nous avons héritées de
ce temps, voire du XIXème, ne sont plus opérantes, et il est grand
temps de renouveler la théorie politique du siècle qui s'ouvre.Tout
d'abord, savoir que quelques règles d'ajustement ne suffiront pas, et
que piloter à vue ne peut non plus faire accoucher des directions à
venir. C'est à une nouvelle forme de réflexion que nous sommes conviés,
voire contraints pour certains. Nous ne pouvons penser de la même
manière. D'où l'échec de la géostratégie américaine en Irak, qui n'a
pas su intégrer les dimensions, pourtant présentes, de la situation. Il
nous faut penser en système ouverts. Intégrer les éléments disparates
de contextes généraux, afin de leur appliquer des modes opératoires qui
tiennent compte de toutes les facettes de tel et tel problème. Une
pensée strictement structuraliste est inopérante pour résoudre les
enjeux de notre monde.
On
ne peut résoudre un problème de transport sans penser également à
l'énergie, à l'environnement, à la politique industrielle, à
l'immigration, à l'habitat, au tourisme. Les problématiques
contemporaines sont inervées par des systèmes de transmission de
l'information, médias, télécommunications traditionnelles, internet,
qui les rendent interdépendantes. La pensée politique que nous
devons élaborer n'est donc pas simplement une stratégie électorale — si
notre action est reconnue, notre représentativité le sera aussi — c'est
une réflexion opérationnelle à l'heure où s'essoufflent les modes de
gestion existants. Il s'agit de placer l'homme au centre de la démarche
politique pour que tous les secteurs de la société lui fassent une
place qui aujourd'hui est en recul, face aux expertises logicielles et
systèmes robotisés, qui transforment la donne dans le monde du travail,
et par osmose, touchent d'autres terrains sociétaux, où il s'agit de
repenser l'action publique.La
pensée humaniste de gauche est plus que jamais d'actualité et
nécessaire. Elle est aujourd'hui la seule compatible avec une
croissance économique consentie, dans un monde où s'horizontalisent les
modes de décisions et de transmission de l'information. C'est cette
recherche volontaire d'une prospérité au service de tous ceux qui en
sont à l'origine qui doit inspirer la réflexion politique à venir. Le
meilleur des deux mondes n'est pas une gageure. Ce doit être un
objectif qui ne passe pas par une orientation libérale, mais la
réussite d'une nation ne doit plus être un tabou, du moment qu'elle se
fait en son nom. Nous devons réinventer la sociale-démocratie, dans une
perspective résolument moderne. Placer le capital humain au centre. En
favorisant l'éducation, la recherche, l'économie de l'information, la
formation, les industries culturelles, nous assainirons le tissu
économique et social, français et européen, et renouvellerons une
société qui a souffert d'un long déficit de renouveau générationel.
C'est pourquoi la prise de responsabilité des citoyens doit s'élargir
dans un soucis de démocratisation plus important, à l'heure les centres
de décisions paraissent parfois s'éloigner d'eux. Il faut créer une
société qui sont en adéquation avec ses réalités fonctionnelles,
notamment professionnelles, et non l'inverse. La meilleure façon de
juguler le lent déclin européen, que certains à tord croient déceler,
est de lier dans un triangle une politique du travail, de
l'immigration, de l'énergie absolument volontariste. Nous ne pourrons
pas en faire l'économie.Nous disposons des meilleurs atouts, utilisons les ! Le renouveau démocratique
La
démocratie est aujourd'hui appelée à se réinventer d'urgence au sein
des relais et des institutions de l'action publique. Les citoyens
réalisent aujourd'hui qu'ils ne peuvent plus négliger la puissance
d'intervention que leur donne le fait politique. Retour en force d'une
idée neuve...Le
besoin démocratique n'a jamais été aussi important. Partout où l'on va,
on sent la nécessité qu'ont les individus de s'exprimer et d'être
entendus. Des décennies de star system ont créé les conditions d'une
valorisation de l'aura individuelle et de sa prise en compte dans les
rapports qu'elle entretient avec la société. Ce qui s'est produit pour
un nombre restreint de privilégiés tend à s'étendre à un nombre
toujours plus large d'individus. Un besoin de reconnaissance qui se
diffuse et vient rencontrer une aspiration pour un plus de sens qui a
une influence directe sur la manière dont est perçu le rôle de chacun.
Le politique est de retour. Le désir de s'associer à la recherche
commune de solutions et d'y faire entendre des différences quand c'est
le cas. Or, la manière dont sont prises les décisions changent. Les
différents stades par lesquels elles passent, ainsi que le nombre de
personnes impliquées sont en train de se modifier, notamment en ce qui
concerne les collectivités qui sont dans l'obligation de réinventer la
manière dont elles agissent pour rester efficaces. Et on attend
toujours plus des hommes, notamment des maires, alors que ceux ci sont
aux prises avec des réglementations qui se multiplient, notamment avec
l'arrivée de l'Europe. On se dirige davantage vers une interaction avec
les usagers que vers une circulation verticale et unidirectionnelle des
décisions, sanctionnée à échéances fixes dans l'autre sens. Les hommes
politiques vont devenir des animateurs de la vie de leurs
circonscriptions, des médiateurs avec les centres décisionnels
extérieurs. Leur qualité reposera en grande partie sur leur habilité à
communiquer et à faire communiquer entre elles les informations
requises pour l'exercice du pouvoir. Ils joueront un rôle de relais et
d'interfaçage.
Ils
sont donc pour la plupart obligés de s'entourer de nouvelles
compétences, et de nouveaux instruments. C'est une culture politique
nouvelle qui se met en place. L'information ne se trouve pas toujours
au même endroit, et ceux qui la détiennent sont de plus en plus variés.
Cette situation, si l'influence internationale des marchés sur les
structures étatiques existantes et les services publics ne remet pas en
cause leur existence, devrait donner naissance à un type nouveau
d'action publique, et à l'arrivée d'un personnel aux qualifications
plus pointues et plus différenciées. Les langues étrangères vont
devenir nécessaires à des niveaux plus larges. La culture politique de
ces hommes et de ces femmes devra donc être plus poussée et reposer sur
une frange plus étendue de connaissances communes notamment à l'échelon
européen. L'adage penser global et agir local prendra tout son sens
dans ce contexte.Des
instruments, voire des technologies, qui entourent, servent et
permettent la prise de décision vont se multiplier.
L'informatique va se développer au point de devenir un instrument
commun de l'action publique, présent à tous les niveaux, à tous les
échelons et il sera couplé à la sphère audio visuelle ainsi qu'aux
technologies de télécommunications. Bases de données et gestion
multicritères des champs d'activité vont se multiplier.Il
faudra donc que se constitue une culture politique renouvelée qui sache
gérer au quotidien des ensembles humains mais également de perspectives
suffisamment larges pour permettre cette nécessaire évolution. Dans ce
contexte la culture des anciens, empreinte de droit et de règles
normatives, sera précieuse dans la mesure où, par couplage, elle
permettra de réinventer les structures politiques qui manquent
aujourd'hui dans certains domaines.

Les
évolutions ont été si rapides qu'une partie de l'appareil d'état n'est
plus adapté à certaines situations. Avec l'élargissement de l'Europe,
de nouvelles structures vont également être définies. Il faudra
qu'elles tiennent compte de ces réalités nouvelles. Les consultations
et les études peuvent être réalisée pour des coûts largement moins
importants que dans le passé et surtout à échéances plus courtes. Elles
doivent être garanties par le secret du vote électronique. Dans
ce contexte le retour par les instruments adaptés de la décision
individuelle dans l'action publique sera un plus fondamental pour la
démocratie. Il devra se faire dans une totale transparence statistique,
garantie par des instances de contrôle multipartites absolument
irréprochables. Les nouvelles technologies ont été intrusives et
liberticides. Il faut les marier d'une manière plus équilibrée
avec les libertés publiques et l'action politique. Peu d'hommes
politiques ont analysé ce thème dans leurs professions de foi. Il est
temps d'y réfléchir car les enjeux sont énormes.Cette
prise de conscience et les décisions qu'elle induit, nous permettra de
résoudre l'équation ultra compliquée de l'évolution accélérée de
démocraties qui ont besoin d'imaginer des configurations auxquelles
elles ne sont pas préparées. Chacun pourra alors donner le meilleur de
lui-même et ne pas se sentir exclu. Cette structure, ce maillage en
réseau devra permettre à l'individu, libertés, droits, citoyenneté,
intimité, prise en compte sociale, activités et loisirs, réalisations
personnelles et contributions collectives. Il faut réinventer des
repères qui nous correspondent et ne pas devenir tributaires
d'instruments qui autrement seraient des instances de contrôle. La
télévision interactive aura-t-elle aussi un rôle à jouer, mais là comme
ailleurs une culture, voire une attitude appropriée vis à vis de son
utilisation sont à généraliser. Une culture commune qui commence par
l'échange et le dialogue.
 Le Renouveau économique
Vouloir aujourd'hui systématiquement opposer les tenants de l'ancien et
du nouveau monde informatique est une manière de résumer les joutes
protocolaires actuelles particulièrement contre productive.C'est
une vision qui simplifie, synthétise, peut donner un éclairage
semi-rationnel, mais c'est surtout une façon faussée de lire
l'actualité en évacuant la réalité, une réalité qui est infiniment, et
c'est tant mieux, plus complexe que ce que semblent vouloir faire dire
certains.Vouloir
tout opposer en regard des anciennes valeurs car il y a effectivement
des valeurs qui aujourd'hui subissent une réactualisation — mot affreux
dans ce contexte — est une façon de nier la complémentarité
fondamentale entre ce qu'on appelle le virtuel et la réalité qui
aujourd'hui révèle plus qu'elle ne transforme plusieurs
hypothèses. Il y a bien différents niveaux de réalité, mais
vouloir systématiser les relations d'affrontement, les logiques
prédatrices entre le hard et le soft, entre l'ancienne économie et la
nouvelle est une vision à court terme, réactive d'une certaine manière,
réactionnaire même, qui évacue la sophistication réelle de mondes que
nous opposons et qui sont en définitive inextricablement enchevêtrés,
ce qui est une bonne chose. Il y a un maillage complexe et à tous les
stades, des relations, des interpénétrations. Le phénomène d'ouverture
s'exprime aussi à ce niveau.Nous
ne sommes pas passés d'une économie ancienne à une nouvelle économie
selon des formules de développement mues par une trop grande confiance
puis d'une économie nouvelle à un retour en arrière du au pessimisme
ambiant face aux implications humaines de tels changements, nous
passons d'un stade de développement à un autre stade de développement
faisant la part belle à toutes les formes possibles d'évolution
entrepreneuriale.En
somme l'économie ne peut être basée sur l'économie, sur la permanente
réduction des coûts de production et sur la perpétuelle réduction du
facteur humain, mais doit être pensée dans le sens du développement de
la richesse et le "capital humain" — second vocable
insupportable — concoure pour une très large part à la richesse
des entreprises. C'est bien cette expérience humaine, hors des travaux
d'ergonomie manageriale, qui fait la richesse des sociétés qui sont
capables de développer leurs atouts plutôt que de constamment rogner
sur les budgets humains. Cette myopie existe à tous les niveaux. Or les
nouvelles entreprises et les anciennes, présentes depuis toujours, ou
presque, ont besoin de savoir développer leur faculté de prise en
compte des facteurs réels d'évolution. Sinon nous aboutiront à une
perpétuelle négation des valeurs humaines qui est préjudiciable au-delà
du strict champ économique. La logique de perpétuelle concentration est
une logique d'amenuisement qui aboutit pour part à la situation
d'actuelle de menace sur l'équilibre de fonctionnement.
Pour
sortir de cette menace il faut remplacer l'humain au centre de
l'entreprise. Qu'il en soit la valeur étalon. Une société basée sur une
hyper précarité stricte est une société qui n'a pas d'avenir. Elle
nierait son propre avenir et ce qui est de l'ordre du nécessaire si
elle négligeait les facteurs qui peuvent lui permettre de sortir, ou de
ne pas entrer, dans la récession. Ce n'est bien sûr pas là la seule
orientation utile, mais elle est primordiale. A tous les niveaux, la
qualité des hommes fait la différence. Bien sur leur capacité à
évoluer, leur connaissance de l'algèbre informatique est primordiale.Il ne faut donc pas paniquer.Il
faut se mettre au travail. Ne pas se placer dans des perspectives
extrêmes. Ne pas non plus se placer dans un esprit de régression.
Sortir de l'appréhension, retrouver la confiance en soi et dans les
équipes auxquelles on est rattaché. C'est dur pour vous, c'est dur pour
un nombre large d'entre nous. Sachons faire face. Partout faire
affleurer les conditions d'une réorientation constructive des
professionnels afin que leur expérience ne soit pas perdue. Voire une
simple continuation de ce qui fonctionne. On ne change pas une équipe
qui gagne, un système qui gagne. Quelle ne soit pas "démobilisée". Ce
serait là le but non avoué de certains esprits obscurantistes qui
remettent en cause la solidarité et l'esprit d'initiative dont sont
capables ceux qui font l'économie au quotidien. Aidez-vous
les uns les autres. Aidez-vous vous-même. Soyez votre propre mécène.
Retrouvez le souffle. Réapprenez à respirer. A organiser votre temps. A
profiter de l'espace de liberté qui se dégage. Faites plein de
choses intéressantes et ne vous laissez pas guider par une logique
obscurantiste ou régressive ou réductrice. Repartez. On croit qu'il n'y
a parfois rien à faire, que nous n'avons aucune marge de manœuvre. Que
le chômage est seul censé venir répondre. C'est faux. Il n'y a jamais
eu autant de travail à accomplir pour qui sait se donner la peine de
l'imaginer. L'important est de ne jamais désespérer. Le Futur du Capitalisme
Plus que jamais, une refonte salutaire du capitalisme est aujourd'hui nécessaire. Il
apparaît un peu plus clairement chaque jour que le système économique
sur lequel repose l'organisation de nos sociétés arrive à cul de sac
théorique qui le rend dangereusement inadapté pour assurer à long terme
leur prospérité à venir. Partout, on constate une perte de substance
associée à une progressive dématérialisation des richesses quand elles
sont confrontées à des fluctuations quotidiennes qui en érodent la
valeur absolue à long terme. Le laisser faire total en matière
financière se double d'un chacun pour soi qui encourage les manquements
les plus grossiers à une nécessaire coordination industrielle et
boursière et induit au cours du temps des comportements prédateurs qui
ne font que réduire, au nom d'une prétendue rationalité économique, un
nombre toujours plus large d'intervenants. D'autre part, les fractures
technologiques en pays pauvres et pays riches créent un tissu disruptif
qui fragilise la continuité de l'activité économique. Toutes
ces tendances — heureusement — ne sont pas des fatalités, mais les
réajustements pour l'instant imaginés font figure de pis aller encore
inadaptés face aux nécessités qui se font jour. Le système de regard
imaginé aux États unis ne fait que rejoindre des règles déontologiques
existant en Europe depuis longtemps et une fois l'harmonisation
atteinte, on découvrira la pauvreté d'un dispositif qui, s'il est seul
à répondre aux besoins, ne pourra assurer le rôle qui lui est dévolu.
Les solutions, comme faisceau de mesures, doivent être plus profondes
si l'on veut prendre en compte les bouleversements énormes qui sont
apparus au plan mondial dans l'ordre symbolique et au-delà. Tout d'abord, il faut changer d'échelle. Il
s'agit d'imaginer des règles déontologiques, des règles
comportementales permettant aux différents acteurs du marché mondial de
vivre en bonne entente les uns avec les autres afin de maximiser la
création de richesse. Nous nous éloignerons alors de la chasse et de la
cueillette à laquelle on assiste actuellement sur les marchés
financiers pour rejoindre une phase qui serait plus proche d'une
agriculture. Sans établir de structures coercitives, qui brideraient la
liberté individuelle, il est possible d'imaginer qu'une gouvernance
supervise, conseille, encourage et distingue ceux qui feraient appel à
son expertise. D'une culture extensive, on aboutirait, à terme, à une
intensification des récoltes sans appauvrissement de ce qui en fait le
terreau, ainsi qu'à une élévation du niveau de vie mondial sans
déprédation pour l'environnement, si la croissance est pensée en termes
écologiques et que l'on ne s'interdit pas la décroissance choisie
parallèle dans certains domaines, notamment les plus polluants. Cette
phase doit en effet être entourée d'une réflexion écologique appropriée
avec un recours accru aux énergies renouvelables et en particulier à
celle qui nous tirera à long terme de la dépendance énergétique :
l'hydrogène. Il est urgent de bannir les énergies fossiles qui
asphyxient l'atmosphère terrestre pour faire appel à celles qui sont
capables de véritables miracles écologiques. Mal prise en
compte, l'internationalisation des marchés ne dispose pas
d'élément véritablement opérant qui permette de les orienter à ce
même niveau. Or l'économie mondiale a drastiquement besoin d'un
gouvernail. Si le laisser faire peut être une vertu en soi, il peut
avoir, surtout quand il se produit dans une période tumultueuse, des
conséquences désastreuses et personne ne souhaite revivre l'épisode de
2008, d'abord parce que nous n'avons pas la possibilité de faire la
même chose une deuxième fois. Aujourd'hui, il devient
indispensable faire de la place à la progressive activation de
structures de régulation douces seules à même de défendre l'intérêt
général mondial en des temps qui commandent un sursaut salutaire. Il
faut une gouvernance mondiale qui joue le rôle, si ce n'est de
gouvernement mondial, du moins de centre de décision, de contrôle
relatif et de taxation internationale autre que le F.M.I. et la Banque
Mondiale, afin de juguler la trop grande inorganisation des marchés.
Ceci n'est pas la première urgence du G20, mais c'est une question
d'actuelle importance. La financiarisation de l'économie
crée de la richesse et on n’imagine pas une richesse qui ne soit, sinon
prélevée, du moins issue de l'économie mondiale — tout travail méritant
salaire, or, l'argent travaille — sans être à terme , en un lieu donné
de la chaîne, valorisée par un impôt ou un fractionnement tarifaire,
même très limité, qui puisse ensuite bénéficier à l'ensemble de la
communauté, en étant redirigé et géré par une structure pouvant être un
organisme dédié des Nations Unies qui ne traiterait pas uniquement des
questions commerciales, comme c'est le cas de l'OMC, et qui définirait
parallèlement ou qui mettrait en place des outils de création de
richesse. Cette redistribution internationale
sous-tendue par une réflexion commune et pilotée une programmation
analytique des besoins, renforcerait naturellement le rôle de l'ONU, ce
qui permettrait un contrôle démocratique accru, qui devrait d'ailleurs
être couplé à une transparence délibérée et une médiatisation large de
ces questions pour que la société civile et les opinions publiques
puissent jouer leur rôle. Une redistribution, même à la marge,
faciliterait les missions qui sont aujourd'hui dévolues à cette
institution. Elle permettrait de faire sortir de leur dénuement de
vastes bassins de populations, beaucoup de salariés étant actuellement
bien formés ou disposant de cursus faciles à compléter efficacement,
mais étant actuellement au chômage pour des raisons principalement
structurelles. Celles-ci gagneraient beaucoup à produire à nouveau des
richesses grâce à leur travail, ou à se livrer à une activité créative
rémunérée, si mettre un pied à l'étrier leur était permis. Elle
rendrait par conséquent possible à une échelle large ce qui avait jadis
été tenté et accompli avec succès dans les états nationaux développés
et permettrait de ramener ces acteurs économiques démunis vers
l'économie réelle, y compris celle des biens immatériels, afin de
développer des volants de croissance longtemps inobservés dans ces
pays, les politiques menées devant s'ajuster à la nature réelle des
économies ainsi relancées. Elle permettrait une augmentation mécanique
des cotisations et un allégement parallèle des prestations versées dans
les économies concernés ainsi qu'une harmonisation démocratique,
économique, écologique (ces problématiques étant aussi liées à l'aspect
sanitaire et social), elles permettraient au passage une consolidation
des régimes de retraites et de santé. Les circuits
financiers sont aujourd'hui altérés. Ils débouchent sur des poches
d'air, des bulles spéculatives et des lieux d'épanchements qui créent
des hémorragies de la richesse mondiale. En d'autres termes, la
circulation sanguine de la planète ne permet pas de "réoxygèner" des
portions parfois larges de son tissu économique. Et, qui plus est,
celle-ci se fait sans code de la route. Qu'on s'étonne que des
"accidents" s'y produisent. Concernant l'économie
dématérialisée, il s'avère utile de la prendre en compte comme un
secteur à part entière, le quatrième après ceux de l'agriculture, de
l'industrie et des services et de répercuter ses bilans dans la
comptabilité nationale de chaque pays, ce avec l'aide des sociétés, y
compris étrangères, qui s'y livrent à des activités commerciales. On
établira ainsi des descriptifs plus fidèles de la réalité économique et
une meilleure intelligibilité des données la concernant. Aujourd'hui,
ce secteur est encore très mal pris en compte, ce qui a pour effet de
fausser les grilles de lecture économiques ainsi que les moyens à
mettre en œuvre dans la conduction et l'exercice de politiques
appropriées. Ainsi il sera possible de l'intégrer plus avant dans les
économies nationales, de le taxer, sans fragiliser pour autant le
"mortar". On pourra faire des avancées plus grandes dans le paiement
électronique, contrepartie de l'établissement de relations "adultes"
entre les différents secteurs qui ne seraient plus séparés par des
hiatus remettant en cause leur intégration sociétale. Il sera alors
possible, sans crainte exagérée, que soient assimilés des pans plus
larges de la culture et des comportements de la société technologique
qui soient plus l'établissement d'un passage et d'une évolution
salvatrice plus qu'une révolution qui casse le fonctionnement
harmonieux d'un monde soudain soumis à des tiraillements excessifs. Les
règles qui définissent aujourd'hui les entreprises sont elles-mêmes
soit inadaptées, soit exagérément opérantes ce qui revient au même,
puisque ce trop managerial les fragilisent à terme et remet en question
leur positionnement dans les tissus où elles viennent s'implanter.
Partout se lit le recul de l'humain et de la prise en compte de sa
valeur. C'est l'échec essentiel de l'ultra libéralisme. Il
se détache de la réalité pour un toujours plus pragmatique qui le
déconnecte des besoins réels de l'économie, c'est à dire répondre aux
besoins des hommes d'une manière optimale. Il ne répond plus aux
besoins humains. Il répond à terme aux desiderata aveugles de quelques
boards toujours plus restreints et avides et, à terme, on peut tabler
sur une dématérialisation finale de cette création de richesse
seulement conservée sous forme numérique dans des machines elles-mêmes
incapables de créer un mieux économique. C'est pourquoi il doit être
pensé en termes humains. Car dans un premier temps, s'il a été capable
d'établir une prospérité et une évolution réelle des sociétés qui l'ont
mis en œuvre et de créer une mystique associée qui était cohérente et
efficiente, il sera très vite incapable de produire un discours
d'adhésion large dans la mesure où il nie l'humain de manière toujours
plus grande. Pour le sortir de l'ornière, et revenir au
but initial de l'économie, il faut replacer l'homme — et la femme — au
centre de ses préoccupations principales et créer une économie qui ne
fonde plus sa valeur étalon sur de l'or ou une devise mais sur l'homme
lui-même, valeur centrale de l'économie. Ce changement est énorme mais
il est le seul à terme comme un point de fuite dans un tableau permet
de lentement tracer toutes les perspectives du paysage. Nantis
de cet éclairage ontologique il est possible de faire progressivement
converger les décisions, et de guider les réflexions qui seront nourris
en marge de cette analyse. Il ne s'agit pas d'abandonner un système
économique pour un autre, mais de lentement adapter l'existant aux
nécessites qui se font aujourd'hui jour afin de ne jamais prendre de
vue l'essentiel. L'homme ne doit pas servir la machine. Il doit au
contraire être servi par elle. S'en servir comme d'un outil. Dans les
schémas qui servent à mettre au point les produits, interfaces et
systèmes destinés à notre quotidien à venir, cette nécessité doit
s'imposer à ceux qui en définissent les contours. Sinon, notre richesse
sera noyée dans des sables mouvants virtuels. Ce ne sera pas le cas si
nous savons être vigilants. Instituer des gardent fous qui
empêchent les exclus potentiels du système de sortir de ses voies de
circulation. Il faut garantir les éléments essentiels à la vie. Ceci, l'ultra libéralisme ne sait plus le faire. C'est
donc un capitalisme à visage humain qui doit émerger. Un capitalisme
qui assure à chacun les moyens de son enrichissement, de sa mobilité
sociale ou de sa réalisation personnelle en fonction de ses capacités
et de ses mérites, et dans lequel un certain nombre de minima soient
garantis à un niveau large, planétaire à terme. Un capitalisme qui
n'utilise pas la misère planétaire comme un moyen de réduire la
richesse des habitants des pays riches mais qui élève tous ceux qui
sont présents aux meilleurs standards qu'il a permis d'atteindre. C'est
vraiment une question d'imagination et d'organisation. Cette
conformation est non seulement possible mais elle n'est pas prédatrice
pour l'économie et ses mouvements sous jacents. Au contraire elle lui
permettra de dépasser le blocage sur lequel elle bute actuellement et
de se renouveler. L'intelligence numérique est pour nous un atout qui
nous donne une puissance d'intervention inégalée à ce jour et
l'apprentissage par les machines des données qui font notre réalité est
une chance de refondaison générale mais rien ne peut se créer en dehors
des ressources supérieures de l'esprit humain quand il est confronté à
un problème à priori insoluble. Une fois ce saut sémantique fait, il y a fort à parier que nous verrons enfin émerger une prospérité nouvelle...
 Remarques sur l'économie dématérialisée
Face
à la multiplication des formes abstraites et virtuelles de
fonctionnement, les économies occidentales et mondiales disposent
d'alternatives qui s'avèrent opérantes. Liste de choses à emporter.Nous
sommes tous, ou en tout cas la grande majorité d'entre nous, victimes
d'illusions d'optique qui peuvent s'avérer particulièrement
préoccupantes. La mise en équation des économies occidentales de plus
en plus tributaires de schémas d'organisation virtuels amenés par des
principes d'organisation basés sur des fluctuations financières est
patente. Les références concrètes se déplacent progressivement vers
l'immatériel découplé d'une valeur de plus en plus déconnectée de celle
du travail, des infrastructures et des structures monétaires
traditionnellement afférentes. Elles fragilisent celles-ci car
elles les exposent de plus en plus non seulement aux fluctuations
financières mais également aux variations symboliques de l'information.
Les
mécanismes qui sont désormais à l'œuvre échappent parfois à ceux là
même qui en sont les instigateurs. Pourquoi une telle fragilité,
pourquoi prêter le flanc aux dégâts que peuvent produire des formes
d'action particulièrement archaïques ? Pensez au "11-M". Nous sommes en
définitive, les victimes avérées ou à venir d'un processus que nous
éprouvons du mal à réguler et les déprédations peuvent être aussi
sensibles dans les pays à structures insuffisamment diversifiées que
dans les pays qui se veulent les champions du capitalisme, notamment
les États Unis dont les visées et visions économiques s'imposent
souvent au reste de la planète.Serions-nous
si démunis face à cette situation ? Le temps doit-il jouer contre nous
? C'est à mon avis faux. Entre les retours tambourinant aux pratiques
d'un autre age — alors que le monde a effectivement changé et
qu'elles s'avèrent d'une manière patente souvent inadaptées — et
les prises en compte mal assurées de la dithyrambe passionnée des
pionniers de la nouvelle économie, il y a d'autres attitudes plus
directement opérantes qui tiendraient davantage compte des réalités
humaines et techniques et le rapport qu'elles peuvent entretenir.Il
faudra pour y parvenir, que la variable humaine redevienne centrale
dans les schémas de réflexion de ce qui font actuellement profession
que de ne la réduire. C'est sa valeur, sa qualité et la pertinence de
ses productions qui feront l'économie majoritaire de demain.
L'articulation principale entre les domaines de culture ou
d'information et les techniques qui les relayeront. Il faut que les
conditions de l'épanouissement individuel à un niveau très large soient
réunies... Tous les autres domaines d'activité restent valables mais
ils vont peut à peu bénéficier des apports de ce noyau central. Cette
extension du domaine de la croissance ne peut exister que si l'on se
décide enfin a faire l'abandon du manichéisme et du malthusianisme qui
guide beaucoup de réflexions ambiantes, notamment en matière
économique. Elles réduisent de grandes entreprises structurées à des
réservoirs financiers virtuels ou déplacent les installations sous
prétexte qu'il faille remettre à qui de droit ambiant les actifs qui y
sont rattachés est une politique qui à long terme condamne des
populations entières à la paupérisation y compris celles qui font
aujourd'hui le pari d'accueillir les structures délocalisées.
Les
économies mondiales, y compris américaine, souffrent d'un manque de
préhension sur les variables financières. Le fait d'attirer les valeurs
mondiales, y compris par des moyens techniques disproportionnés (je
pense à l'utilisation de systèmes de réalité virtuelle et de structures
logicielles dédiées) automatise les procédures de fonctionnement
boursier et leurs réactions aujourd'hui en lisière du rationnel de ces
appareillages et renforce tous les ostracismes mondiaux, tous les
fossés, toutes les fractures. Elles asphyxient la planète, lui retirent
son oxygène, c'est à dire leurs puissances monétaires. L'eau c'est la
vie, or cette eau, cette manne qui permet à une sophistication
d'exister mais aussi et plus fondamentalement aux besoins fondamentaux
d'être assurés, se retire du paysage local de nombreux points du
territoire global. On l'a vu en Argentine...La
circulation sanguine de la planète est altérée. Elle doit être soignée,
assistée, puis peu à peu rétablie d'une manière progressive et douce
qui permette l'assainissement de zones géographiques entières. C'est
l'investissement au plan mondial plutôt que la sempiternelle économie
sur les salaires qui est à viser, c'est l'élargissement des structures
en lieu et place des dramatiques économies d'échelles qui semblent
guider l'entendement de ceux qui appliquent de manière aveugle
— ou presque — les principes erronés qui président à la prise de
ces décisions. Le mépris et le peu de cas qui est fait de millions
d'hommes et de femmes est patent et dangereux. Nous sommes victimes
d'une dynamique faussée, de cercles vicieux qu'il faut avoir l'énergie
de transformer en cercles vertueux. L'argent doit circuler à tous les
niveaux. La valeur doit être repensée en prenant comme étalon l'homme,
l'humain, l'individu. Son développement harmonieux au sein de la
communauté dans laquelle il habitera. C'est
l'aide à la consommation, non par un unique vecteur mais par un
ensemble de facteurs retour de l'activité. Le salaire minimum est une
garantie nécessaire, il doit exister au sein d'un faisceau de droits et
devoirs nouveaux qui permettent d'établir un nouveau contrat social et
économique dont nous serions tous les bénéficiaires et par rapport
auquel nous pourrions découpler notre intervention dans le domaine
économique et culturel. Les situations absurdes doivent refluer et les
bénévoles recevoir une part retour pour l'investissement qu'ils font de
leur temps. Le temps est déjà une variable économique. Il peut devenir
une variable symbolique de l'activité dans un champ économique donné
dont il assure la pérennité.Il
s'agit de renforcer l'adjonction de règles dans des structures qui
touchent la limite de leur logique parce qu'elles manquent de critères
d'évaluation objectifs et de rattachements économiques précis. L'argent
virtuel aujourd'hui a de moins en moins de contact avec la réalité
économique. Les règles de solidarité étendue en renforçant le rôle des
structures sociales étatiques vont également aller dans le sens de la
logique économique qu'il est nécessaire de mettre en place.La main invisible doit devenir visible.Sinon,
nous irons à terme vers une dislocation des structures particulièrement
dommageable à l'ensemble de la communauté internationale, dérèglements
dont bénéficieront tous ceux qui, comme Ben Laden, font profession
d'exploiter les tiraillements actuels. Nous faisons partie d'un long
processus de maturation économique, politique et culturel qui doit
faire appel à l'histoire économique car celle-ci nous tend des
explications pertinentes et nous donne des capacités de renouvellement
dont nous sommes capables à une échelle élargie. Il faut quitter
l'absurde absolu auquel nous venons d'assister. La nouvelle économie
doit être pensée dans cette perspective. L'humain assisté par la
machine et non l'inverse.Quand
nous aurons accompli ce saut conceptuel, placé cet étalon dans notre
champ de représentation symbolique, alors l'invention majeure qu'est le
numérique deviendra ce qu'elle est appelée à devenir : un formidable
tremplin pour la créativité ainsi qu'un puissant facteur de richesse
économique. Une fois sa puissance de distorsion démystifiée et
qualifiée, intégrée et comprise, déclinée et incorporée dans — presque
— tous les champs de l'action humaine, elle sera enfin le
formidable outil de renouveau et de libéralisation destiné à ouvrir à
nos côtés le millénaire. Le Renouveau humaniste
Le
retour de valeurs humaines y compris à l'intérieur de la sphère
numérique n'est pas incompatible avec la bonne santé de l'économie.Tout
change mais rien ne change dit la sagesse chinoise. Pourtant il semble
que l'humanité soit arrivée à une croisée des chemins. Pour de
multiples raisons, notamment scientifiques et techniques, notre ordre
symbolique, nos codes de compréhension, apparaissent comme étant
profondément modifiés. Ce qui, sans une réflexion approfondie sur
nous-mêmes et sur le monde, nous priverait de la possibilité de nous
projeter dans le futur. La capacité simultanée de manipuler le génome,
en intervenant sur le vivant, et celle de répliquer des éléments de
notre activité intellectuelle par l'irruption grandissante de logiciels
couplés à des machines de plus en plus sophistiquées qui reproduisent
une part grandissante de notre activité, demande un surcroît d'analyse
auquel l'esprit doit se préparer. Ces incursions sont poussées chaque
jour un peu plus loin. Elles transforment notre environnement
intellectuel et rendent nécessaire le développement de facultés
nouvelles, voire de sciences nouvelles, afin d'intégrer ces
transformations.Chaque
bouleversement de la pensée a donné lieu à la création de disciplines
nouvelles. Trois grands chocs dominent l'histoire. Le fait de
réaliser que la terre n'était pas le centre de l'univers a permis à
l'astronomie de se développer. Quand Darwin découvre l'évolution des
espèces, nouveau traumatisme. On créé, entre autres, l'anthropologie.
Enfin, le fait de s'apercevoir qu'une part de notre réflexion était
guidée par l'inconscient freudien a provoqué un nouveau remaniement qui
a ouvert la voie à la psychanalyse.Nous
arrivons à l'un des ces carrefours, notamment en ce qui concerne la
génétique. Une réflexion éthique est nécessaire, mais elle ne doit pas
interrompre ce qui est avant tout un progrès. Elle doit principalement
l'orienter, l'encadrer pour qu'elle débouche sur une refonte utile des
sciences de l'humain. Les dissections qui ont tant fait progresser la
médecine étaient vouées à la condamnation unanime de leurs
contemporains.Face
aux incertitudes ambiantes, le recul de l'histoire s'avère plus
précieux que jamais. Nous vivons une période d'immense refonte dont le
rythme est accéléré par les technologies qui se sont insinuées dans nos
modes d'expression et se calquent progressivement sur leur vitesse
propre. Le parallèle avec la Renaissance est éclairant a plus d'un
titre. La civilisation européenne revisitait toutes ses valeurs à
l'aune de la rationalité humaine. L'homme devenait l'étalon d'un monde
en pleine refondaison. Toutes les notions étaient revisitées. La
culture devenait un vecteur central des modifications en cours. Par le
biais des sciences, on redéfinissait chaque domaine de la connaissance.
C'est aussi le cas aujourd'hui, alors que toutes les sphères de
l'activité, ou presque, sont intégrées par les outils numériques. A
suivre… Le Renouveau Technologique
Nous
entamons aujourd'hui une nouvelle étape de l'aventure humaine. Un
formidable défi, sur le point de révolutionner toutes nos habitudes de
travail, d'échange et de loisir, est lancé individuellement à chacun
d'entre nous. Liste de choses à emporter.Faudra
t-il encore longtemps répéter que la période que nous vivons, avec la
brusque évolution des technologies traitement numérique, n'accuse rien
d'autre que le décalage typique d'un Moyen-Age moderne ? Même rehaussé
des reliquats de la modernité, celui-ci n'a pas encore intégré les
transformations que suppose le passage à une autre civilisation. Les
signes partout déjà repérables du renouveau échappent, eux, à la
logique noire du monde. Témoin l'irruption imminente de la réalité
virtuelle dans notre quotidien. Bonne nouvelle : la refonte des schémas
anciens qu'elle suppose est une chance de perfectionnement.
Profitons-en ! Il est grand temps de tordre le cou à toutes les idées
fausses concernant une technologie qui a cristallisé pas mal de peurs
ambiantes. Un doute qui traduit la réticence que certains ont à vivre
les inconnues d'une situation qui ne leur est pas familière. La
transformation leur imposerait de laisser tomber le catalogue des
certitudes issues de l'époque contemporaine… et la crise qui va avec…Que
la réalité virtuelle sorte de son ghetto de joujou technologique
inaccessible est une bonne chose. Nous avons énormément à y gagner, et
c'est pourquoi il est si important de comprendre aujourd'hui ce qui va
se passer demain. Ici réside aussi la raison d'être de ce
magazine. Une découverte mal cernée, mal comprise, y compris, au
départ, de ceux qui l'ont imaginée, ne pourrait susciter que des
approximations d'échelle, manquer sa vocation et alimenter de nouvelles
erreurs. Dans un pays aux prises avec la compréhension et les
recherches de solution des phénomènes réels, sa formidable puissance de
traitement, d'échange, et l'espace potentiellement illimité d'un
nouveau continent, apporteront un plus décisif. Les outils arrivent,
ils sont enfin abordables et vont permettre aux applications qui
demandent à être développées, de voir le jour. Car la ”machine
pensante” apporte bien un progrès réel mais celui-ci, pour profiter à
la société dans son ensemble, suppose que nous définissions maintenant
les “correcteurs de rectitude” qu'il implique.
La
réalité virtuelle sera un des vecteurs de cet aménagement. Strate
nouvelle du tissu social, elle annonce une cohésion nouvelle et des
niveaux d'abstraction différents, une grammaire, d'autres formes de
langages et une culture parallèle.Mais
l'homme doit rester la priorité. Il faudra se faire la douleur de
garder à l'esprit que nous ne sommes faillibles, et que le
développement virtuel ne peut se faire sans une relation implicite au
concret. Les hommes ont toujours eu énormément de mal à gérer des
pouvoirs qui touchent au divin. Il s'agit, ni plus ni moins, de définir
les fondations du monde qui se profile en lui insufflant l'humanité et
l'humanisme qui aujourd'hui lui font encore singulièrement défaut. La
machine a ce que nous pouvons y mettre d'humain.Le
travail à accomplir n'a jamais été si important, si passionnant, aussi.
La société qui doit, à terme, s'en dégager a besoin de tout le monde.
N'occultez pas votre talent, ni la richesse des complémentarités
voisines. Chaque effort sera récompensé en retour des bienfaits d'une
alchimie compliquée mais inépuisable. La culture, clef centrale de l'économie
Précieuse
alchimie de la société, la culture, bénéficiant de moyens de diffusion
radicalement nouveaux, est à même de sécréter les ferments nécessaires
d'une activité dense.Parce
qu'ils ne disposent pas toujours des éléments explicatifs suffisants et
d'une vision cohérente à long terme, nombre de Français ont besoin de
renouer avec leur destin. La France a elle-même un rôle de création
théorique à jouer afin d'insuffler un souffle nouveau aux sociétés
humaines menacées par des dérives économiques qui restent corrigibles
mais qui appellent une cohésion internationale et des impulsions qui
laissent une place à l'imagination. Celles ci peuvent et doivent
renforcer la maîtrise que les individus auront de leur vie notamment
professionnelle et de répondre aux enjeux qui nous viennent.Économie
et culture vont devenir indissociablement liés et cette interdépendance
allant croissant, sans déprécier les secteurs traditionnels de
l'économie, va ouvrir des champs d'activité larges et porteurs de
richesse économique, facteur de cohésion sociale. Ces secteurs en cours
de constitution, dont la part ne va cesser de grandir, doivent
bénéficier à ceux qui les constitueront, c'est à dire une part toujours
plus large des acteurs économiques dont le nombre ne va cesser de
croître au cours des années à venir. Et ce jusqu'au niveau individuel.La
progressive intensification de la complexité des problématiques
ambiantes demande un surcroît d'information. Celle ci doit monter et
descendre facilement à tous les niveaux de la société afin que soient
renseignés ceux qui en éprouvent le besoin. Le rôle pédagogique des
médias est ici fondamental. Il tend à enrichir les grandes ébauches
culturelles. Nombre de gens souffrent aujourd'hui de ne pas disposer
d'une lisibilité de l'actualité qui leur permette de faire le lien
entre la situation globale de l'économie ou des entreprises dans
lesquelles ils travaillent, et leur situation propre. Or cette
compréhension est fondamentale pour aborder sereinement les périodes à
venir. Avertis, les individus peuvent se projeter dans des
environnements dont ils sont capables de situer et les limites et les
dimensions réelles. L'apparent manque de foi envers le futur n'est pas
une fatalité. Il se combat avec les armes intellectuelles appropriées. Quant
à la culture proprement dite, elle est trop souvent considérée comme un
ornement, précieux mais non déterminant pour se mouvoir dans la
société. Elle va très vite devenir un atout incontournable pour ceux
qui iront vers ces secteurs. La richesse et la profondeur des savoirs
réactualisés à l'aune des nouvelles technologies vont provoquer une
diffusion, jusque là parcellaire, de la grande culture classique en
plus de toutes les variantes existantes. La renaissance, les lumières,
les grands classiques du dix neuvième et certains éléments du
vingtième, vont se trouver remis d'actualité. On associera ainsi le
meilleur du passé avec un des plus grands potentiels du futur. C'est
pourquoi le présent est si important. Il établit la jonction
fondamentale entre des mondes pour l'instant adossés mais qui
communiquent en des milliards de points. La frontière est mouvante et
vivante. C'est celle d'une génération en activité. La
capacité de stockage par des machines de documents non corruptibles au
cours du temps va permettre de faire passer sur des supports facilement
accessibles des pans entiers du meilleur de la tradition philosophique
de tous les temps. Nous ne sommes pas au début d'une période
d'obscurcissement mais bien au contraire, et ce malgré des périls qu'il
s'agira de combattre — comme l'irruption du fondamentalisme religieux
dans les pratiques actuelles qui doivent aller vers le spirituel et la
tolérance —. On accomplit actuellement une tache importante en
numérisant l'ensemble des fonds bibliothécaires. Celle-ci est un
préalable comparable au travail fait par les ordres religieux au moyen
age ou à la traduction sous formes de livres par les imprimeurs au
temps de Gutenberg. La confrontation des idées ou des modes de vie peut
accoucher de violence comme on l'a vu en Afghanistan ou à New York,
mais elle rendra la diffusion du savoir beaucoup plus large, y compris
dans les sociétés développées. L'imprimerie a permis la diffusion à
travers l'Europe de toutes les idées du Quattrocento. Elle ne s'est pas
faite instantanément. Il a fallu une multiplication des centres de
culture pour que le phénomène se diffuse au-delà des frontières de
l'Italie d'alors. Force
est de constater que la présentation frontale de nombreux sujets
télévisés tels qu'ils sont juxtaposés brouille la lecture que l'on peut
en faire. Tout est souvent livré en bloc sans qu'une perspective ne
soit fournie. Cette avalanche factuelle est poussée chaque jour un peu
plus, et elle demande une compréhension qui devient plus délicate.
L'éducation et ses prolongements au cours de la vie professionnelle par
le biais de la formation peuvent permettre de mieux comprendre les
problématiques actuelles et de les résoudre afin de préparer les
reconfigurations multiples que demandent un nombre croissant de métiers.D'autre
part, la démocratisation de la culture, la nécessité de ne pas
affaiblir le niveau de formation général du plus grand nombre, mais au
contraire de favoriser l'évolution de celui ci, d'en faire une source
de mobilité, d'intégration et de prospérité, est une priorité. De
l'aide à la création dépend un grand nombre de propositions qui
autrement ne verraient pas le jour. Chacun doit trouver les moyens de
parfaire sa connaissance du milieu dans lequel il vit. L'audiovisuel a
transformé le rapport à l'information et à la connaissance. Les savoirs
ne s'acquièrent plus de la même manière et le processus de fixation des
informations n'est plus le même. L'écrit qui avait régressé est de
retour. La navigation au travers des banques de données et des
catalogues qui rendent les infonautes actifs réactualisent la
mémorisation, ce qui est de bon augure pour le futur.Cette
richesse d'ores et déjà présente dans de nombreux secteurs de la
société s'exprime à tous les niveaux de la vie artistique et ira en se
multipliant d'autant plus vite que pourrait être imaginé un réel droit
à l'image, prérogative individuelle qui permettrait de protéger chaque
citoyen et l'éclairage qui est fait de son activité. Cette protection
permettrait au plus grand nombre de bénéficier d'un rééquilibrage
salutaire qui instaurerait un genre formel d'égalité de traitement
médiatique dans certaines situations propres à le remettre en cause. Le
capital culturel de chaque individu lui ouvre des perspectives dans la
société. Il lui assure une quasi-sécuritéé de l'emploi dans des champs
professionnels en expansion. Il solidifie ses attaches linguistiques,
lui permet d'évoluer à partir d'un territoire donné et étant libre de
décider de l'élasticité d'un lien auquel il souscrit pour son intérêt
propre et pour la société à laquelle il apporte sa contribution. La
liberté de la presse et d'expression sont à cet égard deux piliers
essentiels de son activité en aval comme en amont.  Le Renouveau médiatique
Cantonnés jusqu'ici à quelques fonctions bien définies, les médias abordent aujourd'hui un nouvel âge. Petit point lumineux.Généralement
bien connus des professionnels, les rouages médiatiques réels sont en
général mal connus du public. Pourtant, aujourd'hui, grâce aux
évolutions technologiques et à une prise en compte en pleine
redéfinition, ils connaissent des transformations que tous les
spécialistes ne cernent pas. Les développements en cours sont tels
qu'une mise au point s'avère nécessaire. Nous abordons une phase de
mutation qui va transformer certains de leurs modes opératoires et leur
donner une place nouvelle dans la société civile. Les médias deviennent
un élément déterminant du politique, de l'économique et du social et
leur intervention est en train d'être redessinée, voire repensée. Ils
sont amenés à jouer le rôle d'interface entre tous les domaines
d'activité et le public. Cela remet en cause un grand nombre de leurs
attributions traditionnelles visibles.Cela
transforme surtout les chemins que suivent les informations et les
biens culturels. La structure de l'échange se modifie. Au départ
pyramidale et organisée selon des cascade de responsabilités, celle-ci
s'appuyait sur des relations hiérarchiques organisées autour de relais
satellitaires qui respectaient une disposition verticale et
permettaient donc une ligne éditoriale, voire une censure politique. Ce
n'est plus aujourd'hui le cas à l'heure où les technologies de
l'information, comme Internet où les produits multimédias instaurent
des types de relations horizontales en renforçant l'interactivité entre
tous les acteurs qui deviennent actifs en tous points du tissu
médiatique. Il est très difficile pour les autorités publiques
nationales d'instaurer un contrôle de ce qui est avant tout un
instrument à la fois conçu pour éviter toute tentative de
contingentement et pour contourner toute rupture du lien
informationnel. On peut donc parler de structure neuronale où chaque
individu peut jouer le rôle d'émetteur comme de récepteur, et surtout
peut organiser entre lui et l'extérieur des relations multiples
régulées et comptabilisables selon des termes d'audience qui font qu'un
individu séparé peut fonctionner dans ce contexte comme les anciens
relais médiatiques qu'étaient les chaînes de télévision ou les stations
de radiodiffusion. Cela dépend de sa capacité créative et de l'étendue
des moyens qu'il emploie. Cela modifie en outre les conditions de
l'échange et la culture médiatique de manière profonde.Une
nouvelle culture est en train de naître qui fait la synthèse des
anciennes mais nécessite de l'imagination afin d'inventer les éléments
comportementaux et relationnels nouveaux qu'il s'agit de mettre
en place. Cette culture doit réinventer les fondamentaux. Réexaminer un
monde qui naît à l'aune de l'expérience des anciens afin de profiter de
leur savoir. Bref effectuer une relecture du monde avec les outils
d'aujourd'hui pour définir de nouveaux modes de fonctionnement.
Dans ce contexte, les médias sont appelés à fonctionner d'une manière
originale et à devenir des sources d'approvisionnement culturelles et
informationnelles. Une part de l'activité médiatique va devenir un
relais de la pratique décisionnelle. C'est pourquoi une structure
nouvelle doit se mettre en place. Une structure qui allie
l'administratif et le médiatique devra permettre un exercice plus
rapide et plus précis du pouvoir et instaurer des relations de
communication entre tous les acteurs désignés de cette activité. Des
départements entiers doivent être créés au sein de tous les ministères
et de toutes les administrations afin de permettre d'articuler les
données de plus en plus complexes de la prise de décision.
Parallèlement, il est nécessaire de recréer une démocratisation de
l'accès à ces réseaux, relais de l'action publique. A terme, il doit
être possible pour chaque citoyen de disposer d'une voix, la sienne,
dans l'exercice de la prise de décision. Il y aurait par conséquent un
vote à échéances dont il s'agit de préciser la fréquence, qui
permettrait la réalisation d'études et de sondages qui faciliteraient
grandement l'exercice de la démocratie et la rendraient viable y
compris grâce à l'irruption des nouvelles technologies. Celles-ci
deviendraient alors des atouts plutôt que des obstacles. Mais pour se
faire, il est nécessaire de changer une part de la psychologie
des acteurs politiques face à celles-ci.Nous accomplirions ainsi une quadrature du cercle qui paraissait jusque là incertaine.
 Réguler le chaos médiatique
Nous
vivons aujourd'hui dans un désordre médiatique qui nous impose des
motifs intellectuels éclatés préjudiciables à l'organisation de la
pensée. Les
choses n'arrivent pas dans l'ordre. Il n'y a pas de structuration dans
le long empilement de connaissances que nous permet la société
médiatique. Chaque élément est placé dans des positions aléatoires et
vient à nous suivant des codes et le long de chaînes de dissémination
marquées par un ordonnancement souvent absurde. Certains professionnels
du domaine ont leurs propres techniques de mémorisation et de
classement mais ce sont des tentatives individuelles qui ont plus de la
mnémotechnique que de l'organisation réelle qui est encore à mettre en
place.Notre
période est une charnière parce que deux types d'éducations, voire
plus, coexistent en ce moment. Deux ou trois profils générationnels
tributaires de conditions culturelles très différentes. Le fait qu'on
se surprenne encore que des enfants issus de milieux sociaux élevés
puissent être incapables de lire en sixième est révélateur. Il ne
provient pas du système éducatif — quoique, et il faut savoir pourquoi
— mais de la manière dont l'information vient à nous, plus que nous
n'allions, d'ailleurs, à elle.Le
fait est que la principale interface avec le monde, en dehors de
l'ordinateur, est la télévision et que celle-ci est l'outil le plus
chaotique qui soit. Chaque chose se présente suivant un ordonnancement
qui dépend rarement du spectateur, malgré la possibilité théorique
qu'il a de zapper, ou d'éteindre ce qui devient un tour de force pour
certains tant la capacité des images à hypnotiser est grande. Il y a
plusieurs manières de regarder la télévision, celles ci dépendant
principalement du spectateur et de son niveau de maîtrise face à ce qui
devrait rester un outil et non une mare dans laquelle il viendrait se
noyer.Beaucoup
d'enfants ne disposent pas de la protection minimale face à cette
puissance de séduction. Il n'y a pas d'éducation appropriée face à la
télévision. L'audio visuel est luxe dans le parcours scolaire qui
concerne quelques happy few mais il n'est souvent présent qu'à titre
documentaire. Il n'y a pas de cours de communication à l'école et cela
est dramatique.Le langage de notre époque n'est pas enseigné aux enfants.Ceci
les prive d'une intégration de ce qui est une part constituante majeure
de leur connaissance. Quand on pense aujourd'hui multimédia, on ne se
dit malheureusement pas au moment de passer à l'intelligence
artificielle et à certaine forme d'interactivité qu'une étape
intermédiaire n'existe pas. Comme un pont servant à enjamber une
rivière dont il manquerait un élément central.Qu'on s'étonne ensuite du flou moral dans lequel pataugent beaucoup d'adolescents.Pas
de repères parce que pas de structure dans la pensée. Très peu d'esprit
critique. Une absorption supplémentaire qui ne conduit qu'à un
progressif effacement de la mémoire. Ce qui faisait office de fil
conducteur a été constamment brisé par le rythme complètement éclaté du
message télévisuel. L'esprit critique n'existe presque pas ou alors il
est systématisé par des pseudo intellectuels qui font le métier de dire
ce qu'il faut penser des émissions qu'ils viennent d'ingurgiter.
Faillite supplémentaire de l'analyse. Une vaste entreprise de gommage
dont sortent des capteurs sensibles souvent incapables de modifier ce
qui vient à eux ce qui devrait être le but d'une éducation réussie. Une
capacité d'intervention sur le monde. Une adaptation à celui ci.Sans nécessairement faire de tabula rasa, il faut entièrement repenser l'éducation.
Dans
un monde qui a changé, dont les modes d'action et d'activité ne sont
plus les mêmes, la persistance de méthodes datant d'un temps
radicalement différent devient un crève-cœur collectif auquel peu
échappent. Il faut recréer un ordre dans l'arrivée des informations qui
sont destinées aux enfants. Une gradation, pour qu'une enfance existe
et soit suivie par des étapes adaptées qui donneraient des adultes
libres à l'arrivée. Aujourd'hui,
les classes d'age volent en éclat. Les messages sont horizontaux et
s'adressent souvent au plus grand nombre pour les placer sur un pied
d'égalité factice mais formulé comme tel. Certains se plaignent du
manque de respect. Or il n'y a pas de hiérarchie communicationnelle. Un
même message est décliné sur plusieurs niveaux de lecture. La
différence d'appréciation crée donc une fausse égalité d'autant plus
préjudiciable qu'elle ne provient pas de l'apprentissage mais de
l'expérience. La structure est sous jacente mais reste absente à la
perception de la majorité.La
juxtaposition obscène au sens philosophique du terme de profils
d'émission radicalement incompatibles dissout la compréhension et
évacue un sens déjà largement battu en brèche. Il faut repenser la
structure pour qu'elle leur procure des outils intellectuels adaptés à
l'époque dans laquelle nous vivons. Il faut qu'entrent dans les cours
des notions de philosophie, de sociologie, de communication, de
techniques filmiques. L'éducation civique aussi certes, mais là n'est
pas le centre. Il faut que les enfants parlent, et à fortiori
comprennent, les langages de leur temps. Alors
peut être se dissipera le flou. Reprendront les grilles de déchiffrage,
s'organisera la pensée enfin libérée du bouillon, de la soupe primitive
de l'information. Notre système médiatique s'est échafaudé
empiriquement. Il n'a jamais été préalablement pensé dans son ensemble.
On a surajouté au cours du temps ce que les nouvelles techniques
rendaient possible. La télévision n'est pas en soit un mauvais outil,
mais il est probablement un des plus mal utilisés et des plus
dommageables à l'heure actuelle. Souhaitons
que ce qui a pris trois siècles à se formaliser, à savoir la maîtrise
et le contrôle individuel du langage écrit, puisse trouver plus
rapidement les moyens de son apprentissage pour le plus grand nombre.
Cela n'est pas un danger, au contraire, cette connaissance, pour le
moment réservé à un nombre relativement restreint d'officiants, créera
une richesse économique et une adaptation des citoyens à la société
dans laquelle ils vivront. La solution se concrétisera sans doute face
à l'ordinateur en brûlant comme c'est souvent le cas les étapes quand
s'emballent les techniques. Dans
le cas contraire nous irions davantage vers une société d'analphabètes,
inadaptés et poussés toujours plus loin vers les franges de
l'associabilité. Ce qui est inadmissible. La Renaissance d'Internet
La
crise qu'à connu le World Wide Web n'est qu'une péripétie
fonctionnelle. La galaxie Internet est non seulement viable à long
terme mais elle ne sera plus remise en cause si nous savons inventer la
théorie économique qui va avec.Tout
le monde s'est dépêché d'enterrer Internet. Le couplage des start-up
avec les mécanismes internes du monde financier ont très rapidement
faussé la donne, dérégulé toutes les structures solides sur lesquelles
il pouvait reposer. Les bulles financières qui se sont constituées
autour de chacune d'elles ont créé une fragilité d'autant plus grande
qu'elles se sont comportées pour la plupart comme des entités
virtuelles, et dépendaient largement d'une circulation d'autant plus
volatile qu'elle n'était pas assurée. Malgré les tentatives marketing
consistant à fidéliser des audiences qui dans l'absolu devaient devenir
captives et dont les profils seraient mieux connus par des sites qui
malheureusement avaient adopté des stratégies identiques au même moment.La
médiatisation d'un grand nombre d’entre eux a souffert de cette
simultanéité qui réduisait d'autant leur visibilité, leur faisait
déverser leurs munitions médiatiques au même moment et sur les mêmes
supports. Un certain désenchantement a touché nombre d'employés dont
les stock-options se sont révélées inexistantes en fin de cycle. Le
constat semble noir.Il
est en fait beaucoup plus riche de potentiels que ce que certains
semblent aujourd'hui penser d'autant que l'on a assisté à une
concurrence objective entre "vieille" et "nouvelle" économie qui créait
des déprédations inutiles. Les deux formes d'activité ont été à ce
point opposées qu'elles se sont trouvées des raisons de douter l'une de
l'autre, alors qu'elles sont fondamentalement imbriquées et ce à tous
les niveaux. Elles ne coexistent pas sur des planètes différentes
malgré la tendance des start up a baser l'essentiel de leur production
sur des biens immatériels. L'excessive dérégulation des processus de
création économique a fragilisé la structure sur laquelle elles
reposaient de manière collective. Une structure de mousse savonneuse où
chaque entité repose sur des appuis fonctionnant au niveau de leurs
concurrents ou partenaires, en bulles qui augmentaient la flexibilité
générale de l'édifice mais qui lui déniaient une architecture solide,
qui puissent être renforcé par un certain nombre de règles d'or
économique(s).Les
start up vont émerger à nouveau mais avec des structures bien plus
solides en prenant notamment en compte les strictes nécessités
économiques et règles de gestion. Calculs prévisionnels plus rigoureux,
sécurisation des hommes et de leurs conditions de travail, dégagement
de marges de fonctionnement et d'autofinancement directement issues de
leurs marchés et non plus uniquement de business angels et
d'institutions financières. Cette triangulation financière renforcera
leur solidité. Leurs décisions seront inspirées de schémas réellement
adaptés à leur type de fonctionnement.Enfin,
la grande nouveauté viendra de l'introduction de l'argent, variable qui
n'était jusque là qu'à la charge quasi exclusive des start-up dans tous
les domaines d'échanges. L'argent des ventes directes au niveau du web
va rendre Internet directement profitable et constituer une immense
source de financement. La nouvelle économie autant qu'on puisse la
dissocier de l'économie tout court sera enfin opérationnelle et
constituera d'une manière quasi automatique des structures de profits
réels sous formes d'entités viables à long terme tout en conservant
leur souplesse. A
ce titre ces entreprises auront la mission sociétale, non seulement
d'injecter une part plus grande de cet argent dans la société par le
financement de leur masse salariale, mais également de jouer ce rôle
social dont elle voudraient trop souvent se défausser. Nous
retournerions à la case crise profonde si cette masse économique était
captée et vouée qu'à ne faire que sécréter des financements en boucles
comme c'est encore trop souvent le cas. Cette articulation financière
est responsable des effondrements auxquels on assiste aujourd'hui.
C'est pourquoi il est nécessaire d'agir vite afin de reconstituer le
tissu socio-économique des sociétés qui sont menacées par la
disparition de leurs classes moyennes.Ne
vouer l'activité économique qu'à un niveau strictement financier
nierait la valeur des infrastructures qui seraient ainsi dévitalisées,
mêmes lorsqu elles sont viables, voire bénéficiaires. Ce à quoi nous
assistons fréquemment. La crise vient en grande partie d'une
dématérialisation de la richesse qui perd ses attaches avec le concret
et se distancie par conséquent des acteurs économiques individuels et
collectifs auxquels elle nie toute implication dans le processus de
production. Elle contribue également à la destruction des structures
étatiques qui garantissaient une part du fonctionnement collectif des
sociétés. Le respect des acteurs économiques est une nécessité à
laquelle les entreprises doivent réfléchir comme arpent de théorie
économique vital à la préservation sur le long terme des facteurs de
production. L'immatériel pour l'immatériel créé une mise en boucle
redoutable y compris pour ceux qui s'en estiment bénéficiaires.C'est
la raison pour laquelle, la création de la richesse inouïe que va créer
Internet doit préalablement être encadrée par une théorie économique
qui fasse une part principale à l'homme en tant que variable
économique, afin de le réintégrer dans la pensée économique. Une
robotisation à outrance ne résoudra pas le problème. Les sociétés
humaines doivent dégager des espaces viables pour leurs concitoyens et
ce au niveau international dans la mesure où l'interconnectivité des
systèmes ouverts rend cette dépendance incontournable. Il s'agit de
rendre humainement productive et de maîtriser collectivement une
mécanique qui autrement deviendrait une machine infernale, myope et
dévastatrice. Cette prise de conscience est en train d'éclore en de
nombreux lieux de l'activité économique mondiale y compris dans ses
centres.Les
biens qui seront échangés, qu'ils soient réels ou virtuels, rendent
nécessaire l'établissement de règles de financement et d'échange
propres qui permettent une réinjection financière dans les sociétés
humaines. Pour
toutes ces raisons et à partir du moment où seront mises en place ces
glissières de sécurité, Internet va ouvrir un nouveau cycle de richesse
économique à un échelon nécessairement mondial dans la mesure où tous
nos systèmes d'échanges informationnels sont à présents ramifiés. Le
redépart de l'activité économique éloignera de nous trois grands maux :
l'ennui, la paresse et le besoin disait Voltaire. Aujourd'hui cette
prise de conscience amènera également la réduction d'une part des
inégalités, donc de l'insécurité et, par-là, du terrorisme. La carence fait perdre aux hommes leurs réflexes de civilisation. La croissance les leur rend. Le Danger d'une TechnoReligion
Danger
majeur à venir ou tentative de refondaison spirituelle, gros plan sur
ce qui pourrait devenir, si nous n'y prenions garde, la deuxième
idéologie à venir du XXIème.La
dématérialisation croissante de la réalité nous place dans une
perspective d'abandon du sens auquel l'homme de par sa constitution, ne
peut, n'a pas pour vocation à se résoudre. Un immense vivier à
tonalités dissonantes dans lequel doit s'échafauder, malgré tout, la
longue construction de son esprit, de ses savoirs et une colonne
vertébrale morale sur laquelle puisse reposer et s'orienter son
existence. Dans ce contexte s'échafaudent des enjeux majeurs qui le
place en situation d'être libre de déterminer son destin ou bien de
subir le joug de l'immiscion dans le champ de son activité de
contraintes nouvelles qui diminuent son potentiel de choix. A l'heure
où se créent des structures de pouvoir qui échappent au contrôle des
citoyens ou qui, du moins, ne concèdent aucun droit de regard sur la
manière dont elles fonctionnent, la question commence à se poser avec
une acuité nouvelle.La
possibilité pour une entité unique de corrompre la liberté de
l'ensemble des individus présents sur cette planète et d'établir une
forme de pouvoir centralisé qui les touche tous n'est plus tout à fait
une vision idéaliste de comic stripes. A l'heure où l'on voit se
constituer des hyper conglomérats médiatiques touchant à ce qui est
plus essentiel que le simple entertaintment mais qui est le socle et le
vecteur de la pensée, du goût et de l'art, un saut quantique dans
l'ordre du contrôle de cette information n'est plus tout à fait
impossible d'autant plus que ces puissances ne sont pas responsables
devant des institutions démocratiquement constituées et qu'elles
bénéficient de moyens technologiques décuplant leur maîtrise de cette
même information.
La
transformation du discours de telles organisations dirigées en
définitive par un individu unique voire une machine unique ayant
intégré tous les mécanismes de prise de décision (nouveau front dans
l'avant garde de la recherche logicielle) en discours dogmatique au
sens où l'entendait Orwell, d'autant plus puissant que pouvant intégrer
une composante fondamentaliste basée sur le respect d'un cérémonial
mental par elle-même édicté, pourrait accoucher d'une technoreligion.
Si cette puissance peut s'accaparer les moyens de l'action publique
notamment dans le domaine militaire et policier alors on pourrait se
trouver, à force de n'opposer que des vigilances molles aux évolutions
planétaires de concentration de pouvoirs, face à une idéologie
agissante dont il serait alors beaucoup plus difficile à terme de
s'extraire.Il
est aujourd'hui urgent que se constituent des instances de critique et
de diffusion des idées qui puissent relayer à une échelle large les
fondements de la culture spécifique à constituer et à aménager pour
qu'elle puisse jouer ses rôles traditionnels de valorisation de
l'esprit aujourd'hui insensiblement nié dans le discours consumériste
des médias et les attributions nouvelles qui verront sans doute bientôt
le jour comme la création de contre pouvoirs européens et
internationaux dans les segments encore inexplorés que développent
aujourd'hui les nouvelles technologies, et ce d'une manière qui ne soit
pas tributaire d'une immédiate rentabilité commerciale. Les commissions
informatique et liberté sont encore, malgré un début de maillage
international largement désarmées devant la réalité qui s'ébauche.
Internet, système de diffusion très ambivalent dans la mesure où il
dépend largement de ce qu'on en fait, s'avérera probablement être un
formidable instrument de partage de ces mouvements de pensées et d'aide
à la nécessaire prise de conscience qui doit aujourd'hui s'instaurer. Le
chaos n'existe que si l'esprit ne parvient pas à le dominer. Or
l'esprit a toujours à ce jour les ressources nécessaires pour
réintroduire une efficience de la pensée globale suffisamment puissante
pour maîtriser les évolutions à venir de la machine pensante. Il ne
faudrait pas que cette limite soit franchie. A nous d'imaginer une
forme de pensée et d'organisation qui permette d'avoir une prise sur
lui.  Remarques sur l'économie dématérialisée
Face
à l'abandon et à la perte de repères dans des formes abstraites et
virtuelles de fonctionnement, les économies occidentales et mondiales
disposent d'alternatives qui s'avèrent opérantes sans pour autant
revenir en arrière. L'heure est venue d'un New Deal Mondial.Nous
sommes tous, ou en tout cas la grande majorité d'entre nous, victimes
d'illusions d'optique qui peuvent s'avérer particulièrement
préoccupantes. La mise en équation des économies occidentales de plus
en plus tributaires de schémas d'organisation virtuels amenés par des
principes d'organisation basés sur des fluctuations financières est
patente. Les références concrètes se déplacent progressivement vers
l'immatériel découplé d'une valeur de plus en plus déconnectée de celle
du travail, des infrastructures et des structures monétaires
traditionnellement afférentes. Elles fragilisent celles-ci car
elles les exposent de plus en plus non seulement aux fluctuations
financières mais également aux variations symboliques de l'information.
Les
mécanismes qui sont désormais à l'œuvre échappent parfois à ceux là
même qui en sont les instigateurs. Pourquoi une telle fragilité,
pourquoi prêter le flanc aux dégâts que peuvent produire des formes
d'action particulièrement archaïques ? Nous sommes en définitive, les
victimes avérées ou à venir d'un processus que nous éprouvons du mal à
réguler et les déprédations peuvent être aussi sensibles dans les pays
à structures insuffisamment diversifiées que dans les pays qui se
veulent les champions du capitalisme, notamment les États Unis dont les
visées et visions économiques s'imposent souvent au reste de la
planète. Les chiffres du chômage y repartent actuellement à la
hausse et cette réalité a des répercutions dans tous les pays.Serions-nous
si démunis face à cette situation ? Le temps qui passe doit-il
nécessairement jouer contre nous ? C'est à mon avis faux. Entre les
retours tambourinant aux pratiques d'un autre age — alors que le
monde a effectivement changé et qu'elles s'avèrent d'une manière
patente souvent inadaptées — et les prises en compte mal assurées
de la dithyrambe passionnée des pionniers de la nouvelle économie — qui
a tout de même permis de rompre un cycle des crises que nous avions
connues durant une vingtaine d'années — il y a d'autres attitudes plus
directement opérantes qui tiendraient davantage compte des réalités
humaines et techniques et le rapport qu'elles peuvent entretenir.Il
faut en premier lieu arrêter les déprédations. C'est le sens de la
formidable mobilisation planétaire à laquelle nous assistons. On peut
dire qu'elle est en train de réussir mais elle ne doit pas relâcher son
effort. Le 11 septembre 2001 a été un électrochoc au plan mondial et
s'il est une chose à souhaiter, c'est que de cet événement
incommensurable puisse en retour naître une prise de conscience
planétaire dont nous pourrions être les bénéficiaires. La raison pour
laquelle Florence est devenue la capitale, le centre florissant de la
Renaissance provient selon la majorité des commentateurs et historiens
d'une expédition avortée du Duc de Milan contre la ville. Le choc
provoqué dans les esprits de ce temps a précipité comme un catalyseur
une réaction, la mise au clair des principes qui ont ensuite guidé la
ville pendant deux siècles et accouché de quelques-unes unes des plus
formidables réalisations de l'esprit humain de tous les temps.C'est
ce qu'on peut aujourd'hui souhaiter. Que nous nous engagions dans de
nouveaux cycles de développement. Cela n'est évidemment pas structurel
mais les conditions d'une résurgence sont présentes. Une chose est
claire, elle ne s'opérera ni automatiquement ni instantanément. Il
faudra pour parvenir à ce stade de développement et de croissance
mondiale, de croissance la plus large possible, que la variable humaine
redevienne centrale dans les schémas de réflexion de ce qui font
actuellement profession que de ne la réduire. C'est sa valeur, sa
qualité et la pertinence de ses productions qui feront l'économie
majoritaire de demain. L'articulation principale entre les domaines de
culture ou d'information et les techniques qui les relayeront. Il faut
que les conditions de l'épanouissement individuel à un niveau très
large soient réunies... Tous les autres domaines d'activité restent
valables mais ils vont peut à peu bénéficier des apports de ce noyau
central. Cette
extension du domaine de la croissance ne peut exister que si l'on se
décide enfin a faire l'abandon du manichéisme et du malthusianisme qui
guide beaucoup de réflexions ambiantes, notamment en matière
économique. L'économie de coûts à outrance notamment en rognant de
manière souvent peu perceptive sur les budgets humains et les
concentrations qui réduisent de grandes entreprises structurées à des
réservoirs financiers virtuels ou déplacent les installations sous
prétexte qu'il faille remettre à qui de droit ambiant les actifs qui y
sont rattachés est une politique qui à long terme condamne des
populations entières à la paupérisation y compris celles qui font
aujourd'hui le pari d'accueillir les structures délocalisées. Les
économies mondiales, y compris américaine, souffrent d'un manque de
préhension sur les variables financières. Le fait d'attirer les valeurs
mondiales, y compris par des moyens techniques disproportionnés (je
pense à l'utilisation de systèmes de réalité virtuelle et de structures
logicielles dédiées) automatise les procédures de fonctionnement
boursier et leurs réactions aujourd'hui en lisière du rationnel de ces
appareillages et renforce tous les ostracismes mondiaux, tous les
fossés, toutes les fractures. Elles asphyxient la planète, lui retirent
son oxygène, c'est à dire leurs puissances monétaires. L'eau c'est la
vie, or cette eau, cette manne qui permet à une sophistication
d'exister mais aussi et plus fondamentalement aux besoins fondamentaux
d'être assurés, se retire du paysage local de nombreux points du
territoire global. On le voit en Argentine...Il
est urgent que cet argent revienne à ses destinataires. Que
s'établissent des contre-pouvoirs, des contre-courants à ce flot, qui
va du vivant à la mémoire morte des ordinateurs et autres serveurs. Ce
flux doit se remettre à fonctionner dans les deux sens. La circulation
sanguine de la planète est altérée. Elle doit être soignée, assistée,
puis peu à peu rétablie d'une manière progressive et douce qui permette
l'assainissement de zones géographiques entières.C'est
l'investissement au plan mondial plutôt que la sempiternelle économie
sur les salaires qui est à viser, c'est l'élargissement des structures
en lieu et place des dramatiques économies d'échelles qui semblent
guider l'entendement de ceux qui appliquent de manière aveugle
— ou presque — les principes erronés qui président à la prise de
ces décisions. Le mépris et le peu de cas qui est fait de millions
d'hommes et de femmes est patent et dangereux. Nous sommes victimes
d'une dynamique faussée, de cercles vicieux qu'il faut avoir l'énergie
de transformer en cercles vertueux. L'argent doit circuler à tous les
niveaux. La valeur doit être repensée en prenant comme étalon l'homme,
l'humain, l'individu. Son développement harmonieux au sein de la
communauté dans laquelle il habitera. C'est
l'aide à la consommation, non par un unique vecteur mais par un
ensemble de facteurs retour de l'activité. Le salaire minimum est une
garantie nécessaire, il doit exister au sein d'un faisceau de droits et
devoirs nouveaux qui permettent d'établir un nouveau contrat social et
économique dont nous serions tous les bénéficiaires et par rapport
auquel nous pourrions découpler notre intervention dans le domaine
économique et culturel. Les situations absurdes doivent refluer et les
bénévoles recevoir une part retour pour l'investissement qu'ils font de
leur temps. Le temps est déjà une variable économique. Il peut devenir
une variable symbolique de l'activité dans un champ économique donné
dont il assure la pérennité.Les
structures existantes doivent bien sûr rester en place mais être
améliorées par l'adjonction parallèle de facteurs de financement
individuels issues de l'activité économique dominante, c'est à dire le
marché au sein duquel la bourse a une place importante. On voit
aujourd'hui quelles peuvent être les limites de l’ultra libéralisme et
sa fragilité face au terrorisme par exemple. Il se renforcera en
accédant enfin aux conseils de certains de ses meilleurs économistes,
je pense notamment à la thèse de Tobin, qui notons-le en passant
s'étonne lui-même que sa théorie ne soit considérée comme une théorie
dite "de gauche" tant la nécessité d'une redirection d'une part minime
des gains financiers boursiers parait une évidence au strict sens
analytique et une nécessité de survie à long terme des institutions
financières. Activité, gain, taxe. Si des structures para étatiques,
internationales doivent exister, c'est là une de leurs missions et
c'est une des conditions de leur fonctionnement harmonieux. En
réintroduisant du social à l'échelle mondiale, on effectue un strict
travail de prise en compte comptable du fonctionnement d'un secteur
majeur de l'économie mondiale mais qui a une incidence sur chaque
fraction du territoire, sur chaque pays, et en définitive sur chaque
type d'activité si la redistribution qui en est faite s'avère équitable
et durable.C'est
pourquoi il serait judicieux que les fonds ainsi dégagés aillent en
priorité à l'ONU et financent des projets de développement, des taches
de maintien de la paix, permettant du même coup de réduire sinon
d'effacer une part des cotisations des pays membres. On renforcerait
ainsi l'action humanitaire, et le commerce mondial. Cette mesure de
simple bon sens comptable permettra aussi d'alléger le fardeau qui pèse
sur certains pays, permettant de stimuler leurs économies, d'instaurer
des relations partenariales dans lesquelles ceux ci redeviendront des
interlocuteurs à part entière, ayant une gestion plus saine de leurs
ressources, ce qui à terme permettra pour ceux qui en sont encore
privé, des avancées démocratiques et sociales et des échanges culturels
et technologiques.Il
s'agit de renforcer l'adjonction de règles dans des structures qui
touchent la limite de leur logique parce qu'elles manquent de critères
d'évaluation objectifs et de rattachements économiques précis. L'argent
virtuel aujourd'hui a de moins en moins de contact avec la réalité
économique. Les règles de solidarité étendue en renforçant le rôle des
structures sociales étatiques vont également aller dans le sens de la
logique économique qu'il est nécessaire de mettre en place.La
main invisible doit devenir visible. La liberté doit rester la règle,
mais elle doit se doubler d'une conscience planétaire des enjeux
humains qui est encore très largement insuffisante même après le drame
du World Trade Center. Nous sommes sur la bonne voie mais l'inertie des
mouvements ambiants achève d'amplifier les déprédations enregistrées.
Il faut une dynamique réellement forte et une volonté politique et
financière résolument ambitieuse et inspirée pour sortir du cycle
dangereux dans lequel la conjoncture menace d'enfermer les économies
occidentales et à fortiori les économies du reste du monde.Le
libéralisme doit en tout cas montrer les réserves conceptuelles dont il
dispose pour assurer sa capacité à se réformer. A se renouveler. A
renaître des cendres du World Trade Center. Sinon, nous irons à terme
vers une dislocation des structures particulièrement dommageable à
l'ensemble de la communauté internationale, dérèglement dont
bénéficieront tous ceux qui, comme Ben Laden, font profession
d'exploiter les tiraillements actuels. Nous faisons partie d'un long
processus de maturation économique, politique et culturel qui doit
faire appel à l'histoire économique car celle-ci nous tend des
explications pertinentes et nous donne des capacités de renouvellement
dont nous sommes capables à une échelle élargie. Il faut quitter
l'absurde absolu auquel nous venons d'assister. La nouvelle économie
doit être pensée dans cette perspective. L'humain assisté par la
machine et non l'inverse. Nous devons aujourd'hui inventer une économie
à dimension anthropologique. Renforcer la démocratie dont on voit très
clairement qu'elle puisse être menacée par la volonté de nuire d'un
individu et de ses réseaux.Quand
nous aurons accompli ce saut conceptuel, placé cet étalon dans notre
champ de représentation symbolique, alors l'invention majeure qu'est le
numérique deviendra ce qu'elle est appelée à devenir : un formidable
tremplin pour la créativité ainsi qu'un puissant facteur de richesse
économique. Une fois sa puissance de distorsion démystifiée et
qualifiée, intégrée et comprise, déclinée et incorporée dans — presque
— tous les champs de l'action humaine, elle sera enfin le
formidable outil de renouveau et de libéralisation destiné à ouvrir à
nos côtés le millénaire. Le Renouveau Médical
Les rapports entre la médecine et l’informatique sont en train de bouleverser les pratiques thérapeutiquesFin
du XXème siècle : certainement une des périodes les plus troublées et
les plus complexes de l’histoire... Sur le terrain des sciences et des
technologies, se livre une des mutations les plus profondes de la
manière qu’ont les hommes de comprendre leur monde et de dialoguer avec
lui. Alors
que les activités humaines à venir sont en train de se modifier
radicalement comparé à celles qu’ils avaient l’habitude d’exercer, il
n’y a de cela que quelques dizaines d’années, et, par delà les
situations de la vie du “tous les jours”, les médias, par la nécessité
qui est la leur, de rendre compte du passage du temps, induisent aussi,
quels que soient leurs moyens et orientation, le flou d'événements
encore trop rapprochés pour que nous puissions bien les discerner. Un
paradoxe bien réel qui, parfois, ne rend plus trop possible une vision
d’ensemble des choses comme celle, alors nette, qu’avaient nos ancêtres
de leur monde. Il
peut être grand temps, aujourd’hui, d’essayer de lire entre les images
animées et les rêves de la vie, des phénomènes, à la fois, plus amples
et plus précis qui pourraient bien nous fournir ces réponses qui nous
manquent lorsque nous cherchons à comprendre pourquoi notre
société connaît les problèmes qu’elle traverse actuellement.Et connaît des réussites, aussi.La
mutation dont il s’agit, plus que d’une mutation de la société, est,
d’abord, une mutation de l’homme lui-même, transformé, redéfini, parce
que sans cesse amené à réactualiser ses modes de vie. Un citoyen de la
fin du XXème siècle qui doit constamment remodeler les habitudes qu’il
avait acquises et ceci à un rythme toujours plus soutenu. Cela au
regard des dites nécessités d’un développement qui le dépasse et le
laisse parfois un peu décontenancé. Plus
que tout, il a aujourd’hui besoin de se rééquilibrer, de savoir ce qui
lui arrive et ce qui arrive à la planète sur laquelle il habite car
s’il ne lui est plus nécessaire de parvenir à une compréhension
globale, exhaustive de la situation du monde. Celui ci s’est tellement
diffracté atomisé, réfugié derrière des façades, disséminé en petites
zones d’activités sectorielles hyper spécialisées, qu’il lui échappe
désormais. Les possibilités qu’il a de se former ou de s’informer ne
peuvent pas non plus le lui faire pénétrer facilement.Pourtant
il est tout de même possible de lire entre les pas de programme. Il est
possible de comprendre la signification du phénomène ordinateur dont la
possession, pour une société, conditionne désormais la réussite. Il est
possible de prendre en compte les données de cette évolution et de
finalement nous sentir plus libres et plus sereins aussi dans un monde
dont nous percevons le sens.C’est
à cette découverte, à la compréhension de ce qui nous touche, de
nous-mêmes, en définitive, que nous vous convions à présent, à travers
un panorama de modifications dont il devient urgent de connaître les
risques et mais aussi l'étendue des promesses. Il
nous est temps d'exercer notre propre droit de regard, et de comprendre
ce futur ex machina. De lui donner sa dimension humaine. La notre.Épisode développé : Médecine et ordinateur.Un
homme individualiste, uni dimensionnel dans un monde multidirectionnel
: Voilà l’homme au sortir des années 80. Petit à petit, poussé à
adapter son comportement aux contraintes d’un milieu qui le façonne, en
retour, autant que lui-même le transforme qui cherche en lui l'énergie,
la capacité d'améliorer un monde encore très imparfait dans lequel il
vit un peu en stand by. Attendre ? Attendre qui ? Quoi ? Le futur est là où on le crée... Il cherche son fil d’Ariane.Dans
une période troublée qui se grime des couleurs de l’Europe de la fin du
moyen âge alors ébranlée, au sein de sa structure même, par des
problèmes profonds d’inadaptation. Une Europe qui développait pourtant
ses échanges commerciaux, ses foires, et dont les savants commençaient
à échanger leurs savoirs. Une Europe où allait naître les temps
modernes. Au
début du quadroccento, la médecine avait jouissait d’une fort mauvaise
réputation. En effet, le manque de cohésion d’une société en proie à
des difficultés de tous ordres, rendait déjà sensible la crise du monde
médiéval et les recherches entreprises par les savants de l'époque
étaient très controversées. Problèmes éthiques, désordre religieux,
dislocation économique, dysfonctionnements juridiques ou
administratifs, famines, calamités, guerres...Aujourd’hui,
l’Histoire, par delà les spécificités de la situation actuelle, nous
invite à assister en témoins au formidable retour de balancier de son
cours pas toujours très tranquille. Respiration des civilisations. Les
médecins d’avant pratiquaient la saignée, raisonnaient “humeurs et
esprits néfastes”.Aujourd’hui,
la guerre qui fait rage aux portes de l’Europe pour des raisons
ethniques et religieuses est-elle très différente des guerres de trente
ans ou de religions ? La peur inscrite de la bombe n’a telle pas été
notre peur de l’an mille ? Le Sida, lui aussi, n’est-il pas justement
cette peste noire du Moyen Age déclinée au mode présent ? La
malnutrition comme dans certains pays de l’Est, ou les famines en
Afrique, nous ont-elles tellement éloignés de nos ancêtres du treizième
siècle ?A
toutes ces questions il faut répondre par la négative. Non, nous nous
sommes effectivement différenciés des contemporains d’Hugues Capet ou
de Philippe le Bel mais, en deuxième lecture, notre monde présente
pourtant bel et bien d’étranges similitudes avec celui qu’il était au
mode médiéval. Celui-ci, d’ailleurs, n’était pas vécu pour ses
contemporains comme une période d’obscurantisme. C’est notre vision
d’hommes du futur qui l’a interprété de cette manière, avec
l’objectivité plus aiguisée que donne le recul du temps et aussi le
manque de précision du à la progressive extinction des témoignages en
faveur du prévenu médiéval.Au
milieu du désordre apparent, de la remise en question de l’idée même de
progrès, au milieu de la confusion générale se met pourtant en place,
en architecture parallèle, un monde nouveau qui est le fruit d’un
changement qui commence déjà à être partout repérable; ce mouvement
périodique de relance pendulaire des civilisations humaines. Un
mouvement qui modifie une à une les données du monde dit moderne afin
de lui substituer des modes de fonctionnement refondus. A
la renaissance les forces du renouveau allaient bousculer un continent
qui craquait de toutes ses coutures et ceux qui allaient suivre, en
déstabilisant l’ordre établi, prétendument immuable des choses. Ils
redéfinirent la nature à la dimension de l’homme... Et c’est bien sur
le terrain de la médecine en particuliers que ces enjeux se
manifestaient.Descriptions des sujets :C’était bien de l’homme qu’il était question.Recherches : découvertes algébriques, géométriques, rationalité : apports de la science à la médecine.Études du corps humain. Anatomies, dissections problèmes éthiques. Dissections : analyse de l’homme rationaliséIdentité
entre art et médecine : planches anatomiques de Vésale. Prolongements
actuels. Idée de développements conjugués de deux secteurs
traditionnellement séparés.Compréhension
de la circulation du sang : Ambroise Paré. Progrès de la chirurgie.
Influence des conflits Si l’évolution des techniques: Invention des
hommes de synthèse à l’US Air Force, US Navy ou à la Nasa.Développement d’une médecine médicamentaire. 600 ans seulement.Concept de l'hygiène. Semmelweiss. Problème des barrages psychologiques de la société.Modification des outils de soin. Invention de nouveaux appareillages. Importance naissante des machines.Adjonction
de nouveaux appareillages de plus en plus sophistiqués. Développement
des techniques de Calcul, Charles Babbages, Pascal etc.Les vaccins etc., les outils d’assistance les reins artificiels les photographies aux Rayons X ( Röndghen X Strahlen)Les appareillages sophistiqués. L’analyse des phénomènes.Les systèmes experts. Modélisation.Les médecins assistés par ordinateur, l’aide au diagnostic.La RMN, la tomographie; la troisième dimension.Les
voxels modélisation d’un homme de synthèse : c’est un extra terrestre.
Issus des terres immatérielles de l’intelligence abstraite des
ordinateurs. La
recherche génétique ( cartographie du génome humain par ordinateur :
équipe française), biologie moléculaire (prix Nobel de Lehn), analyse
des chocs particulaires. Simulation dynamique de phénomènes
complexes... etc....Les
corps de synthèse : dissection de modèles de synthèse : ADAM (Animated
Dissection of Anatomy for Medecine : Système fonctionnant sous
Macintosh. ) qui se généralise dans les facultés de médecine.Les opérations assistées grâce aux nouvelles techniques de visualisation (exemple d’un pontage coronarien).La
refonte de notre activité symbolique, touchant tous les domaines
d’activités humaines, redéfinit en particuliers la médecine. Ces
identités feront de la période qui s’ouvre , une ère où la médecine
sera probablement vécue de manière moins traumatique et où les
connaissances seront appuyées par des outils d’expérimentation toujours
plus calibrés grâce à l’adjonction de l’informatique venant dispenser
les praticiens d’une partie du travail traditionnel de thérapie pour se
focaliser sur des domaines ainsi mieux définis.Exemples de traitements futuristes : timbres, téléportation, modifications génétiques etc. etc...  e-Business : année 00
La convergence de plusieurs facteurs décisifs inaugure l'année zéro d'un essor sans précédent de l'e-commerce...Nous
sortons d'une période contradictoire. L'apparente régression à laquelle
nous venons d'assister sur le marché des technologies était
principalement due à des facteurs conjoncturels et à une prise en
compte mal interprétée de l'impact de celles ci sur la société. Ce
nécessaire questionnement s'est effectué dans un contexte de grande
versatilité des marchés, et dans une certaine mesure ce débat ne
pouvait se dérouler de manière adulte sans fragiliser les fondements,
du reste assez sensibles, sur lesquels s'appuyait alors cette forme
nouvelle d'économie. Associée à une volatilité excessive des
financements dont elle bénéficiait, elle s'est d'une certaine manière
produite trop tôt dans un contexte de trop faible développement des
habitus associés à la pratique de l'internet. Une fracture
numérique encore trop nette. Ce contexte est aujourd'hui dépassé.Nous
venons d'atteindre une masse critique dans le nombre d'internautes
connectés à l'heure où de grands sites prestigieux sortent d'une longue
période de déficit comme c'est le cas pour Amazon.com. Les schémas
commerciaux viennent enfin rencontrer les aspirations de leurs
bénéficiaires. La vente en ligne débouche sur la constitution de
structures économiquement rentables, non par les prestations qu'elles
proposent à des membres enregistrés ou par la publicité, elle-même
encore trop volatile, mais par la vente effective de biens et services.
Les réseaux de distribution se constituent, c'est l'ébauche d'une
nouvelle forme d'échange par la constitution de structures de
distribution pour l'instant inexistantes ou par les sociétés classiques
de port ou de courrier qui reconvertissent une part grandissante de
leur activité. Tant que ces réseaux n'existaient pas, on ne pouvait
parler de relation business client satisfaisante. Une
autre des conditions primordiales de cet essor, l'opérabilité
financière des paiements devient enfin une réalité et l'exigence de
sécurité qu'elle supposait est enfin possible par la mise au point de
protocoles réellement efficaces. Cet élément est essentiel. Le
commerce était bloqué par les réticences légitimes des acheteurs qui
attendaient des moyens de paiements sûrs pour passer à l'achat sur le
net. Ces protocoles deviennent accessibles au niveau de l'individu dans
de petites infrastructures simples à mettre en place qui lui permettent
donc désormais ne plus simplement être un client passif mais de se muer
en mini entrepreneur, en vendeur concessionnaire d'un bien ou
prestataire d'une activité dont il pourra tirer bénéfice.D'autre
part, la portabilité des technologies actuellement développées apporte
une souplesse nouvelle capable de dynamiser l'action commerciale. Il
faut en attendre des emplois nouveaux de manière massive, chaque
individu pouvant virtuellement se muer en acteur du type nouveau
d'économie qui se met en place. Il faut en attendre un redépart
économique majeur dont nous aurons tous à bénéficier dans les années à
venir.  Vers la société multiculturelle de l'avenir
Une
attitude puritaine en matière de flux humains et culturels est une
misère de l'esprit autant qu'une ruine à venir des pays qui la
prôneront.Une
des questions qui semble agiter certaines petites consciences asservies
par des années de ruminations stériles ces temps ci est celle de la
préférence nationale dans un but d'évidente préservation des
intangibles valeurs qui ont fait l'inexpugnable gloire de certains
grands peuples marmoréens. On a la trouille, on s'inquiète. En un mot
comme en trois, l'étranger fait peur. Son externalité, son peu
d'adhérence aux thèses défendues par ces soit disant penseurs
préoccupe. On y va à reculons avec commisération et le maximum de
précautions oratoires qui s'imposent — quand on y va. C'est la
belle attitude de ceux qui surfent entre leur boulanger, leur
supermarché et leur lieu de travail culturel.Dans le triangle exigu de leur manque de foi en l'avenir.Ces
personnes et cela est valable à l'échelle mondiale voudraient nous
intimer l'ordre de détester en retour ce que nous comprenons,
d'abandonner l'attitude d'ouverture qui — miraculeusement
— semble encore être la notre et nous ramener aux époques féodales
qu'ils n'ont pas tout à fait quittées.Fermeture
des frontières, fermeture des ouïes, retranchement dans les
soubassements d'une culture qui se flétrit. Rejet du différent,
quasi-volonté nationaliste de purification ethnique. On ne se mélange
pas, on refuse de recevoir tout ce que l'on a à recevoir. On se ferme,
on gèle des écoutilles. Super attitude qui va directement du point de
la relative entente jusqu'à l'affrontement. Quand on se cramponne à de
petites certitudes périmées, il arrive que les problèmes que vous niez
vous rejoignent là où vous tenez.Nous
avons tout à gagner de la multiplication même à outrance des échanges.
Nous avons tout à gagner de faire confiance à une jeunesse qui a
pourtant été systématiquement maintenue dans un état de minorité
critique, écartée, incomprise, soumise à une mise en boucle des
desiderata adultes.On
voit aujourd'hui quel est le résultat de cette attitude. Tout va bien
pour un nombre toujours plus réduit de personnes soucieuses de
conserver indéfiniment les choses en l'état dans un monde qui n'a
jamais changé aussi vite. La fin de l'histoire était une bien belle
mécanique, huilée, équilibrée, généreuse presque, mais totalement
irréaliste.
Aujourd'hui le futur déborde de partout.Il
nous atteint même dans les endroits où nous cherchons à l'éviter.
Comment l'intégrer ? Internet est une stratégie du débordement
mais c'est aussi une fabuleuse machine à développer des pratiques
intellectuelles et culturelles dans l'accroissement des contacts, dans
la densité de ses contenus, et la réalisation des potentiels qu'il
permet de concrétiser. Mais là aussi nous doutons.Nous
reproduisons les petites contorsions protocolaires qui ont présidé à
l'accueil de toutes les inventions majeures. L'aspect négatif est
amplifié par cette attitude de commisération. Les croyances se
rencontrent. Sans une prise en compte ouverte de toutes les tendances,
comment aujourd'hui les faire communiquer ? De telles évidences
paraissent difficiles à faire admettre à certains responsables dans la
mesure où ils ne parviennent pas à les séparer d'aspects géo
stratégiques qui sont pourtant transparents dans un contexte de
développement des technologies de communication.Certaines
sociétés reposent sur des valeurs qui semblent demander une forme de
séparation ubiquitaire. Les mettre en contact avec la réalité
internationale peut provoquer des séismes. Comment les intégrer sans
les dénaturer autrement que par un respect de leurs traditions et une
reconnaissance de leur intérêt humain. Sans une attitude d'ouverture,
de respect et de tolérance civilisationnelle puisque certains pensent
devoir peser une supériorité à ce niveau. Deux individus qu'ils soient
issus du centre économique du monde ou d'une latifundia perdue ont la
même valeur humaine et peuvent connaître les réalités de la nature
humaine avec la même intensité. Ils sont objectivement différents
notamment sur le plan culturel mais ils sont tous deux des expressions
différentes d'une réalité identique. Un même sang coule dans leurs
veines et le quotient intellectuel le plus élevé n'est pas forcément où
l'on croit.Avec
Internet et les nouvelles technologies de communication, nous avons un
instrument exceptionnel pour créer de la richesse, une nouvelle
économie, pardon d'employer à dessein cette expression que certains
voudraient enterrer avec les peurs qu'elle a pu leur inspirer.Or
on perd le sens de certaines valeurs simples de solidarité et
d'ouverture. Cette apparente porosité à laquelle nous sommes désormais
soumis ou dans laquelle nous avons la chance de nous trouver c'est
selon les dispositions qui président, nous expose plus qu'elle ne nous
protège. Nous avons donc besoin d'une protection mentale,
intellectuelle, culturelle, professionnelle. Une forme d'ouverture et
une forme d'"abandon" conjugués. Le multiculturalisme demande une bonne
connaissance de ce qui fait notre identité, notre rattachement
géographique, notre maison, notre socle.Cela
demande des années d'apprentissage et contrairement à ce que croient
certains, soucieux de correspondre à l'immédiateté du click and play,
cela demande une discipline, un esprit d'analyse, de synthèse et des
fonctions critiques. Or où peut naître cet esprit sinon dès le plus
jeune age dans le multilinguisme et dans l'éducation.Les
générations qui accèdent aujourd'hui au monde dit actif ont bénéficié
de cette approche, mais bien souvent, elles ont été étouffées et n'ont
pu accéder aux places de renouvellement de la société parce que la
génération qui l'a précédé a maintenu son influence sur une durée
exceptionnellement longue de son histoire. Il se peut qu'il n'y ait pas
aujourd'hui d'antinomie, mais c'est à cette génération tutélaire de
jouer son rôle de transmission. Elle a été au succès mais ne doit pas
compromettre celui de celle qui la suit par une rétention d'avantage
prolongée des instruments qui permettront d'effectuer la transition
dans les meilleures conditions. En particulier l'argent alors qu'on
assiste souvent à une paupérisation accrue de nombreux jeunes
contraints de réfreindre leurs aspirations et de différer leur date
d'entrée dans la vie professionnelle. Le phénomène des adolescents
poussés à rester chez leurs parents est parlant. Il illustre une
appréhension voire une impossibilité parfois de trouver le point de
passage, les points de passage obligés. Dans
une société qui négocie un changement symbolique, nombreux sont ceux
qui peuvent se tromper, aller dans des directions handicapantes. Il
faut que cette énergie humaine bénéficie d'une plus grande connaissance
du terrain, et soit par conséquent tenue informée des modifications en
cours. Je ne parle pas uniquement de modifications techniques, je parle
de modifications symboliques. Certains médias remplissent ce rôle à
merveille et il faut tirer son chapeau à tous ceux qui le font avec
honnêteté et foi dans les développements en cours.
Par
contre, la gestion de l'actualité souffre de dysfonctionnements. On
pourrait écrire des dizaines et des dizaines d'essais sur le sujet mais
pour ce qui est en relation avec le thème central de cet article, il
est clair qu'on touche actuellement un seuil. La manière dont les
informations viennent à nous demande une connaissance des médias et des
qualités quasiment professionnelles. Pour comprendre ce qui nous
arrive, il faut une grande rigueur, une curiosité exceptionnelle et
quand bien même ce serait le cas, cela ne suffit pas. Il faut aussi
savoir trier, reconstituer ce qui nous arrive en lambeaux. La
reconstitution de ce puzzle est devenu parcellaire et énigmatique. Bref
nous sommes souvent trop ou pas assez informés, rarement nous ne
trouvons ce que nous cherchons. Nous assistons impuissants la plupart
du temps à tout ce que la planète produit de dysfonctionnements, sans
explication, sans code, sans éducation, sans esprit critique, sans
implication, même. On brouille les images plus qu'on ne les éclaire et
cela provoque entre autres, certains replis identitaires et certaines
tentatives de solution par d'autres moyens. La confusion, ou une
certaine incompréhension s'étant installée à l'aune de nos
plates-formes communicationnelles on s'en remet à autrui. La télévision à force d'hypnotiser perd de son pouvoir.Ce
n'est pas toujours le cas car il y a heureusement un grand nombre
d'émissions de qualité qui privilégient la discussion et une certaine
réflexion, une analyse nécessaire, un décodage qui sont bienvenus. Mais
pour ce qui est des variables sociologiques et culturelles, les
phénomènes ont bel et bien lieu. Une alternative consiste à spécialiser
les sources d'information en fonction des besoins. Le développement du
câble et des chaînes numériques hertziennes va dans ce sens mais il
n'est encore rien face à la convergence avec Internet qui est l'absolu
du particulier accessible au plus grand nombre. A tel point qu'on
étalonne ces nouvelles sources et ces nouveaux modes par des vocables
de plus en plus précis. C'est une chance pour le multiculturalisme car
cela évite notamment la prétendue uniformisation que tant redoutent.Le
multiculturalisme nous met à l'abri de cet écueil et reconstruit des
savoirs et des expériences pointues et diversifiées qui permettent une
densification du tissu professionnel et une explosion des connaissances
et de leur prise en compte au plan culturel. Nous allons donc bel et
bien vers une société où la culture sera la valeur dominante et où les
nouveaux médias seront les vecteurs de cette transformation. Abandonner
maintenant serait une ineptie. Contrer les projets qui demandent à voir
le jour sous prétexte que des mauvais gestionnaires ont avancé sans
réaliser les limites de leurs possibilités financières et le mimétisme
en simultané des sites créés notamment pour ce qui était de leur
promotion et de leurs méthodes marketing réputées infaillibles, est
aussi un non-sens.
Mais
les institutions financières semblent échaudées sans se rendre compte
qu'elles prennent le problème à l'envers. Une nouvelle génération
arrive. Elle a besoin de prendre en compte toutes les données
objectivement discernables pour s'assurer d'une réussite à long terme.
La sécurisation des données, le respect du caractère privé des données,
sauf cas exceptionnels, ou saut symbolique dans la pratique d'une
activité, est fondamental. Comme est fondamental le respect du droit à
la propriété intellectuelle y compris au plan international. Il est
nécessaire de créer par exemple des extensions mondiales des actuelles
sociétés d'auteurs. Sinon, nous créerons des sociétés condamnées à
l'unicité ce qui va à l'encontre d'une richesse individuelle condition
nécessaire de constitution des ensembles plus larges dans lesquels nous
seront amenés à vivre. La puissance d'un cadre qui garantit protection,
droit à la parole, droits et devoirs de société démocratiques, rejet de
la violence morale ou physique. Nous avons une réelle puissance
d'intervention face à la violence morale. Exprimons-la.La
nouvelle économie n'est pas morte, au contraire. Ses premiers
balbutiements ne font que témoigner de l'ampleur du changement en
cours. De la profondeur et de la largeur du phénomène. Elle a été
condamnée et rejetée par le click and mortar mais ce n'est reculer que
pour mieux sauter car quand les conditions du paiement en ligne seront
réunies de façon large, elle se développera très rapidement. Le click
and mortar n'en est d'ailleurs qu'une variante solide. La
confusion n'est parfois que la première étape d'un rejet installée par
des variables discordantes et une actualité insoutenable au sens
étymologique du terme. On s'en remet alors à des gourous ou des
religieux pas toujours bien intentionnés. On refuse de baisser les bras
et on a raison mais cela n'empêche pas — parfois — de se fourvoyer.
Sans ouverture, le repli est asséchant et conduit aux mêmes réponses
simplistes que celles de ceux qui ne jurent que par des aspects
purifiés — à l'age numérique ! — de la réalité humaine. Cette vision
est non seulement dangereuse, mais elle conduit à la violence, à la
bêtise, aux situations absurdes et au gâchis.On
cherche des réponses plus personnalisées, plus personnelles qui
feraient renaître du sens dans le contexte de reflux du sens qui a été
opéré par le post modernisme.Quand
la vie est à ce point méprisée par un terrorisme actif ou niée dans sa
permanence par les conséquences indirectes d'un fonctionnement décalé
des instruments symboliques dont nous nous servons, des failles ne
tardent pas à apparaître au psychologique. Nous devenons vulnérables du
fait de cette fragilité installée en nous comme prix des renoncements
auxquels nous avons du consentir.L'ouverture,
l'intelligence, la création de formes de contacts critiques et
documentés résout au contraire cette forme nouvelle d'indigence. La
vraie pauvreté qui serait là. Dans ce dénuement du cœur et de l'esprit.
Dans cette incompréhension des perspectives, artificiellement
amoindries par une captation à laquelle il faut tout de même réfléchir
pour la dépasser et rétablir la circulation du sens dans des corps
aujourd'hui anémiés par des pratiques dépersonnalisantes. Il faut
réinventer un esprit, une réflexion, un souffle, une analyse adulte,
une synthèse comme modus vivendi de toute prolongation durable de la
vie, la sienne propre et celle de ceux avec qui ont est en contact. Il
faut pour cela être curieux de cette même vie qui peut nous apporter au
plus haut point toute l'étendue des richesses dont elle est capable.Il
faut donc être ouverts aux autres et éviter les attitudes
intransigeantes de rejet de ce qui fait la qualité de l'autre en tant
qu'entité universelle dotée des mêmes potentiels que soi. La vie créée
ensuite toutes sortes de discriminations de matière quasi naturelle
alors il est inutile de les établir d'une manière artificielle. Cela ne
veut pas dire qu'il faille tendre l'autre joue mais si l'on est assuré
de sa force ou de sa puissance, alors il faut privilégier le dialogue
et l'entente plutôt que de mettre le doigt dans des processus non
maîtrisables d'affrontement et éviter ainsi les engrenages. Une
relation faussée, inauthentique n'augure au mieux qu'un éloignement. Or
l'éloignement n'existe plus ou presque aujourd'hui. Il n'est plus la
variable morale et philosophique qui pouvait jadis nous prémunir contre
les contacts non souhaités. Là aussi s'établit un nouveau type de
relation, plus ouvert, avec autrui et un nouveau type d'interaction
avec le monde. Il parait néanmoins indispensable de garder à chacun sa
dimension intérieure, la part individuelle ou familiale d'angles morts
et de zones cachées ou peuvent renaître l'intime et l'intimité. Ceux
qui font le choix de l'exposition doivent être respectés pour le parti
qu'ils ont pris de vivre cette forme d'intériorité nouvelle qui augure
tout simplement d'un saut qualitatif comparable à celui fait par les
premiers acteurs de théâtre ou de cinéma, car, c'est sûr, pour ce qui
est de la prise en compte morale de ces deux moyens d'expression, les
choses ont été dites. D'autres choses sont à dire et à écrire
aujourd'hui. Mais il n'empêche en aucun cas que toutes les composantes
du désir doivent être préservées quel que soit l'endroit où elles
cherchent à s'établir. Nous
construirons une génération, des générations multiculturelles capables
de s'écouter et de s'entendre, capable de parler et de dialoguer et de
se comprendre quelles que soient les langues utilisées. Il s'agit
néanmoins que persistent et se développent les identités de
rattachement principal de chaque individu. Un lieu où vivre, sa langue,
sa culture, une location géographique stable dans un contexte de
rapports nomades que nous n'avons pas le droit de laisser se
détériorer. Le reste découle de cette attitude fondatrice.Or
les équilibres humains et économiques doivent être maintenus et
progressivement améliorés mais quelle est l'attitude de nos
gestionnaires ? Comment procèdent-il ? Quelle est leur
vision, quelles perspectives voient-il ? Ils font des économies, ils
cassent, ils déstructurent des régions riches à fort potentiel
intellectuel, ils grappillent des bouts de chandelle, ils installent un
vide là où il y a de la matière, cassent l'instrument économique pour
le livrer clef en main à qui de droit ambiant. Vision malthusienne.
Vision étroite et myope qui condamne au centralisme de la commande
avant que cette commande ne quitte à son tour les mains, pour ne pas
dire les doigts de celui qui l'exerce pour rejoindre un no man's land
virtuel où la richesse n'est plus qu'une valeur immatérielle qui ne
profite à personne d'autre qu'à la machine qui l'héberge.Cette
anthropophagie, ce cannibalisme dont s'enorgueillissent certains
inconscients seulement conscients de courir en avant aboutit au
non-sens philosophique absolu. Le nihilisme est substantifique à côté
de cette vision qui plus est ne supporte pas la contradiction quand
bien même elle se révèle être dans l'erreur et voudrait installer une
forme de pensée unique, non discutable, sclérosée et peu soucieuse de
diversité. La solution, les solutions sont au contraire dans la
diversité, dans les diversités humaines. Dans le respect et la
tolérance des autres formes d'approche. Pas dans la noiement des
arguments qui préfigurent les étapes à venir. Les
moyens de garantir l'avenir des sociétés humaines existent bel et bien
et sont sains et indéfiniment prolongeables. Mais on ne fait plus
toujours le pari de l'humain qui est pourtant la seule vraie valeur
— à terme — en terme de théorie économique. Et dans l'humain
on introduit la variable suspicion, traîtrise, défaut, incompétence,
méfiance, trahison, faillibilité, fragilité, alors que l'important
réside ne serait ce que dans de la confiance à établir et la plus
élémentaire politesse à respecter. Car on obtient le meilleur qu'en
donnant le meilleur.Mais
s'installent dans les machines des éléments de contrôle, mouchards et
autres systèmes de prise de main — et on prend pour cela prétexte de
l'inquiétude sourde qui est née des attentats américains pour accentuer
encore ce phénomène dont les effets pervers sont pourtant patents et
aussi indirectement créée par un type spécifique de fonctionnement
des choses en relation close. L'ordinateur, dieu merci, est
aujourd'hui doté d'innombrables portes de sortie et d'entrée qui
permettent d'établir un type de relation riche et équilibrée, part
intégrante d'une journée de travail. Mais ces chevaux de Troie et
autres systèmes espions mettent en danger non seulement ceux qui les
utilisent mais à terme ceux qui les installent. On peut obtenir une
modification des rapports à la machine quand elle est mal utilisée. On
se retranche alors dans des mondes toujours plus éloignés des réalités
concrètes et cela est parfois valable pour la télévision également.
Tout cela provient d'un type de rapport à la machine. Il faut avoir
vécu et résolu des équations existentielles avant de s'y laisser
absorber. Sinon, on bâtit des types de relations schizoïdes dans
lesquelles les protagonistes ne savent plus par quels chemins ils
doivent passer afin d'approcher leurs objectifs. Objectifs qui
s'imposent à eux comme des éléments obsessionnels que certains ne
résolvent que dans la violence, dans la suppression du lien objectivé
comme rapport direct — et donc conforme — à la relation homme-machine.Que
devient l'amour, que devient la relation homme femme au temps de la
machine intelligente ? Elle-même se réinvente mais elle a besoin
d'un maximum d'honnêteté et de subtilité pour exister dans des
contextes toujours plus envahissants. L'amour se régénère à travers
toutes ses composantes, dans la diversité des avis et des approches
effectivement réalisées. Tirer parti des enseignements et surtout des
émotions et des sentiments ressentis. Vérité et court circuit vers le
cœur sont nécessaires dans un temps d'instrumentalisation. Une plus
grande authenticité et des capacités d'entente, d'écoute et d'accueil
plus grandes. Et l'abandon, total, des barrières, le contact et la
fusion si nécessaire dans un monde où les robots commencent à pulluler,
dans un monde d'interfaces. Pas d'interface dans l'humain. Contact
direct. Vérité des peaux quelles que soient leurs couleurs. Il
faut réintroduire la confiance, le respect, la capacité de se
perfectionner, l'efficacité récompensée en d'autres termes qu'une
précarité toujours plus poussée. Dans ces entreprises on hésite à
placer et à donner le même salaire à des personnes qui sont pourtant
aussi compétentes. Les femmes et les Français "issus de l'immigration"
à qui on oppose des fins de non recevoir qui les poussent toujours un
peu plus vers la démobilisation, et les zones limitrophes où sévissent
de petits recruteurs qui offrent des solutions rapides, religieuses ou
délinquantes, qui sont surtout basées sur l'apparence du respect et
l'apparence de la prise en compte. Et cela est valable à l'échelle du
monde développé. On ne prend pas en compte jusqu'à ce que la répression
semble être la seule solution alors qu'elle ne tarde pas elle-même à
montrer ses limites.Les
attitudes nécessaires sont ailleurs. Les solutions car il faut se
garder de donner une solution unique facile et magnétique à des
questions elles qui sont complexes et demandent des mobilisations
larges et longues. Les hommes de pouvoir doivent aujourd'hui
privilégier l'ouverture sinon la transparence qui peut être un frein au
travail serein des équipes dirigeantes au moins durant les périodes
critiques. Rendre des comptes parait normal et nécessaire. A terme, ces
comptes se feront à intervalles plus rapprochés comme c'est le cas avec
les sondages, même s'il faut savoir distinguer une décision argumentée
d'une décision pulsionnelle.Or
nous sommes atteints au mental, au moral, au psychologique. A nous de
nous construire dans cette ouverture consciente, dans une force et des
possibilités concrètes de perfectionnement en sachant que la meilleure
posture — ou imposture c'est selon les avis tempérés ou temporels
— dans une situation d'affrontement n'est pas forcément l'attitude
traditionnelle et généreuse — et forcément légitime — qui
consiste à prendre la défense du plus faible, vieille tradition
gauloise, mais de se placer across the lines, au milieu, en tant
qu'intermédiaire, go between, middle man, et médiateur. C'est un peu le
rôle à prôner pour chacun, faire dialoguer les parties, les amener à
l'entente, à la compréhension et à la coopération mutuelle. Notre
diversité, la mixité qui nous compose plaide en faveur d'une plus
grande ouverture d'esprit à une heure où tant de petites consciences
fragiles se referment. Sachons aller plus loin, voir au-delà des
épaules larges ou pas les terrains de la coopération à venir entre
toutes les communautés.  Le Renouveau amoureux
Les Européens sont-ils reptiliens ? Petite géographie descriptive de l'amour au temps des machines. Command ou Pomme N ?La
méga montée des mouvements globaux chamboule tout ce que nous
connaissons. Je, toi, tu, il ou elle, la manière dont nous nous
parlons, nous écoutons et nous comprenons a redessiné les contours
familiers de nos relations et ce à l'échelle du continent comme à
l'échelle de nos relations personnelles et individuelles. La
mécanisation, l'informatisation du temps, de nos rapports à l'image
séquence, atomise, diffracte la pensée et la soumet à une
reconfiguration permanente, une mise à disposition qui nous rend
pourtant la main.Alors prenons-nous par la main et promenons-nous dans l'émoi.De quoi accuse t-on ma planète ?Trente
années de luttes acharnées ont permis aux femmes de se faire une
relative place au soleil. Un destin d'émancipation encore fragile,
souvent en creux, qui dépend encore beaucoup du bon vouloir de sa
majesté l'homme numérique.Elles
ont conquis leur indépendance, leur vie de femmes et leur vie d'hommes.
Elles sont devenues des êtres hybrides, des mutants assumant à la fois
les charges du travail et de la famille. Au milieu des avis de tempête,
des barrages et des rambarrages, elles ont su négocier les caps
difficiles grâce à la grâce que donne le don de la maternité recherchée
et revendiquée comme ressourcement et résurgence au milieu des
difficultés.Chapeau bas !Le
contact direct avec les réalités réelles leur a doucement donné des
rênes qu'en secret elles n'ont jamais cessé de tenir. Mais la
rénovation des schémas de l'amour a ramené des valeurs plus
traditionnelles qui évacuent doucement, sourdement pourrait-on dire,
des comportements dits originaux. Ceux-ci ont été parfois diabolisés ce
qui du coup, fait qu'ils sont revendiqués sous formes d'attitudes
souvent plus militantes. Des attitudes qui ne sont que l'expression des
combats qui font rage sur le front de l'amour.Nous
sommes aux prises avec les difficultés d'un temps qui multiplie les
passages par-dessus bord. Il faut alors résister à la violence de chocs
répétés qui font aussi comprendre la chance qu'il peut y avoir à vivre
l'existence relativement parfaite d'européens en pleine possession
— ou presque — de leurs moyens. Entourés d'un aréopage
complexes de dispositifs notamment juridiques, économiques, ou
culturels (attention sortez vos fusils et reprenez à la page trois),
qui nous protègent. Nous sommes — excessivement ? — quand on
compare la relative tolérance qui nous entoure à la situation en
général, moins favorisés que certains pays — notamment dans le
tiers monde. C'est aussi un problème de philosophie de la vie. Un peu plus de douceur ne siérait-elle pas davantage dans ce contexte parfois... euh... complexe...
L'homme,
lui, est parfois perdu dans ses volutes intellectuelles et les
constructions virtuelles qui lui donnent souvent un part croissante de
sa force et de sa puissance. Il a du aussi traverser le cauchemar du
sida et les âpres hostilités du féminisme. L'affirmation du deuxième
sexe, même s'il était une négation du Pater familias, il l'a parfois
accepté pour ne pas dire encouragé, ce qui était plutôt un signe de
maturité.Mais
après dix années floues à ce régime, la confusion s'est souvent
installée. Il se retrouve un peu flapi à l'issue des combats vers le
début des années 90, et cherche confusément une attitude nouvelle qui
lui assurerait à lui — ainsi qu'à ses récalcitrantes égéries
— un rapport au monde et à l'amour qui soit un peu moins de
l'ordre du fantasme. L'amour pour de vrai en somme. Mais les jeux de
l'amour virtuel et du hasard ont encore frappé, le cybersex comme
nouvelle grille de lecture, profane le corps et l'intimité par la
multiplication qu'il fait des caméras et le stockage du n'importe quoi.
La femme s'éloigne. Pour être connectés, il faut être séparés.L'amour
devient alors plus visuel, il entre dans le champ du purement
intellectuel de la sensation immatérielle... Don' touch me with your
grosses pattes.Il faudra pourtant revenir au corps.C'est
exactement l'équation que tente de résoudre — maladroitement parfois,
mais pas tant que ça — l'homme — et la femme ? — actuels. Retrouver le
langage du corps. La douceur, la tendresse, la gentillesse,
l'insouciance, le bonheur, la générosité dans le don, une hargne de
vivre qui ne soit pas teinté de méchanceté.La foi et l'émotion.Retrouver
un amour qui ne soit pas uniquement physique mais qui peut bien
passer par le sexe, voir être carrément torride, tant pis, il va
falloir être heureux ou tristes, mais debout au milieu de notre enfer
ou de notre paradis personnels. Voir plus grand sans systématiquement
être zen. Ensuite balance des couleurs. Expurger les humeurs qui font souffrir.Alors
reptiliens, les européens ? Etes vous vélociraptors, ou brontosaure,
T-Rex ou diplodocus, adeptes de l'amour courtois ou du flash love, bête
assoiffée d'amour ou être raffiné spirituel et volontaire ?
Ou les deux ou les trois à la fois ? Veuillez décliner votre
identité... Leave your passport and deposit.Anyway, all of you, uno last conseil für die route. Sortez protected, espèce en voie de reproduction ! Visions d'un Futur réussi
On peut d'ores et déjà imaginer ce que sera l'économie de demain une fois que la crise actuelle sera dépassée.
Les
grandes périodes de mutation sont des moments dangereux où certaines
des valeurs phares qui structuraient les anciennes sociétés subissent
des modifications, mais cela ne veut pas dire que cette nécessaire
reconfiguration se passe forcément mal ou aboutisse à des situations
dont nous ne pourrions nous satisfaire ou qui ne seraient pas
meilleures que celles d'aujourd'hui. Les bouleversements en cours sont
bel et bien profonds mais les difficultés qu'ils induisent sont aussi
des chances et refondaison et d'amélioration sur un plan collectif
large. Il faut qu'il se fasse de manière harmonieuse et à un rythme qui
permette à tout le monde de l'assimiler.
Pourtant, être
résolument optimistes — sans être béats — est nécessaire.
Mais surtout savoir que la nouveauté actuelle pour agressive qu'elle
soit parfois, est un immense progrès de la capacité de l'humain à
définir son environnement à venir. Nos capacités d'intervention sur le
réel se trouvent décuplées. Il s'agit à présent de savoir comment les
employer. Définir ce que peut être un schéma moteur positif dans un tel
contexte. Créer un code de bonne conduite international, qui nous
éloigne de la jungle et du chacun pour soi myope. Le développement des
marchés financiers est une nécessité mais sous peine d'assécher leur
substance, il leur faut actuellement s'organiser pour devenir durables
et plus adaptés aux nécessités à long terme de l'économie à venir et
des acteurs qui en assurent le développement.
Les
différentiels d'évolution de certaines sociétés apparaissent d'autant
plus clairement que nous disposons aujourd'hui des outils nécessaires à
cette prise en compte. Ces écarts créent des dangers disruptifs. Nous
venons de vivre sur le plan économique une période qui correspond à ce
qu'étaient la pêche et la cueillette dans l'ordonnancement des
économies humaines. La liberté qui prévaut et qui en soi est une bonne
chose ne parvient pas à imaginer au plan international des schémas
directionnels plus durables qui mettraient les économies à l'abri des
dangers à long terme d'une telle pratique.
La spéculation et
la manière dont on a fait fructifier les bassins de richesse
internationaux s'appuient manifestement et ce dans la grande majorité
des cas sur des techniques de création de richesse à court terme sans
planification globale de ce qui pourrait une fois les limites de cette
logique atteinte, permettre de créer les conditions d'un renouvellement
collectif de la richesse créée, une meilleure division du travail,
c'est à dire en envisageant des types de positionnements plus
équilibrés et tenant compte des contraintes réelles de chacun des
acteurs de l'économie et ce jusqu'au niveau individuel.
Il
s'agit aujourd'hui d'inventer une “agriculture“ mondiale de la création
de richesse. Apprendre à semer et à faire fructifier pour pouvoir
nourrir sans rupture et replanter pour les récoltes suivantes et ce
dans les domaines symboliques de l'information dont l'argent est une
des composantes qui s'enrichit actuellement de nouvelles fonctions. Les
grands ensembles mondiaux en harmonie avec ce qui est d'ordre plus
large doivent impérativement imaginer des techniques nouvelles pour
assurer la subsistance et la satiété de tous les acteurs économiques et
ce quels que soient leurs secteurs.
Il apparaît aujourd'hui
qu'un quatrième secteur économique voit le jour qui échappe à tous les
autres, ou presque. Celui de la création de richesse virtuelle. Ce ne
sont plus des services au sens traditionnel du terme mais une nouvelle
forme d'activité reposant sur des pratiques symboliques. Ce quatrième
secteur doit harmoniser les relations qu'il entretient avec les trois
autres. Bref, s'insérer harmonieusement dans la vie économique. Ses
valeurs doivent être relatives à l'ensemble existant. Ceci se fera et
permettra des accroissements de richesse importants en plus de générer
une stabilité nouvelle de l'économie mondiale.
Il faut donc une
“prise en compte“ permettant des échanges intermédiaires à tous les
niveaux afin d'insérer, de greffer presque, cette économie nouvelle,
qui en réalité n'est qu'un secteur économique, sur l'existant. Il faut
pour cela relativiser ses valeurs dans un système d'évaluation valable
au plan mondial. L'économie telle qu'elle fonctionnait jusqu'à présent
et surtout sur le plan monétaire était tributaire des contraintes
technologiques voire politiques et administrative de son temps. Les
frontières ne jouent plus le même rôle aujourd'hui. Il faut donc
adapter les variables de l'échange à cette nouvelle réalité. L'échange
des denrées se maintiendra selon les termes existants mais il y aura
désormais des grilles de correspondance permettant l'harmonisation que
nous recherchons.
Il faut donc édicter, réaliser d'une manière
qui ne pénalise personne, un code de bonne conduite qui intègre les
marchés, les rendent moins prédateurs en préconisant ou facilitant
certaines orientations ou actions à mener, et qui, en contre partie,
assure leur pérennité. L'avion sans pilote y trouverait un moyen de se
diriger et d'atterrir de temps en temps pour renouveler ses réserves
plutôt que de courir indéfiniment jusqu'à se crasher par manque de
prévoyance. Aujourd'hui, cette nécessaire amélioration est imaginable
d'une manière douce et incorporant progressivement certains types
d'activités financières. Elle ne peut se faire qu'avec l'accord de tous
et doit être un plus pour tous.
Plus solidement constituée
l'économie mondiale y gagnerait en réalisme et maîtriserait mieux les
effets de l'information financière souvent contradictoire aujourd'hui.
La croissance serait ainsi consolidée et le marasme économique de
nations entières comme c'est le cas en Argentine pourrait être évité.

Plaidoyer pour une plus grande tolérance
Nous
n'avons plus aujourd'hui la possibilité humaine de nous affronter sur
le terrain de la religion. La croyance et la conviction absolue en des
principes d'identification totale est un recul flagrant de l'esprit de
toutes les grandes religions. Edit de Nantes Mondial...
Les
sages qui prêchent aujourd'hui le martyr d'hommes jeunes qu'ils
envoient sans sourciller à la mort et ce quelle que soit leur origine
ou leur religion n'ont pas compris l'esprit qui présidait à l'écriture
de leurs textes sacrés qui sont avant-tout des principes de tolérance
et de respect de la vie. Dieu, et ce quels que soient les noms qu'on
lui donne, quelle que soit la perception qu'on en ait, a créé la vie et
a tout mis en œuvre pour qu'elle soit conservée et qu'elle puisse
évoluer au gré des changements qui touchent l'humanité. Dieu, ou ce qui
nous tient lieu de compréhension spirituelle, a donné ce pouvoir
immense aux femmes, la capacité de créer la vie et il est malheureux de
constater que les hommes ont inventé celle de la détruire. Il est
encore plus regrettable de voir ces hommes qui se croient virils parce
qu'ils ont la faiblesse d'écouter ceux qui exigent qu'ils aillent
sacrifier leur vie, maltraitent leur propre création. Leurs femmes et
leurs enfants. Ces hommes devraient pourtant comprendre une évidence
criante. Le mystère de la création du monde habite en chaque femme.
Chaque femme porte en elle une part de mystère de création qui est
d'ordre divin et si l'on croit devoir accéder à lui alors il faut
respecter les femmes. Il faut les protéger mais on ne protège pas par
la violence. On ne protège pas à coup de fusils ni même en envoyant des
bombes. L'usage de la force appelle l'usage d'une force contraire qui
tôt ou tard finira par s'imposer. C'est pourquoi on ne peut rétablir
l'équilibre que par le dialogue et non par la harangue.
Car il
est encore plus regrettable que des esprits radicaux président au sort
de leurs concitoyens dans une forme d'absolutisme tronqué qui est une
négation de toutes les valeurs de civilisation telles qu'elles ont pu
s'exprimer au cours des siècles. La civilisation musulmane est une
grande civilisation. Elle exprime ses qualités en des lieux très
pauvres ou les personnes sont démunies des protections élémentaires qui
leur permettraient de résister aux arguments de ceux qui comptent les
enrôler comme en des lieux extrêmement riches ou la qualité et le
talent des hommes s'est exprimé pour la plus haute satisfaction de
l'esprit et des yeux. La mosquée bleue de Sinan à Istanbul est une
merveille d'architecture. Comment dès lors accepter que soit réduites
ses inflexions, ce désir d'excellence dans un contact radical bloc à
bloc ce qui est d'une stupidité totale eu-égard à la mixité des peuples
tout autour de la planète et qui diminuerait tous ceux qui sont
partisans de solutions simples et radicales.
L'épuration
ethnique qu'elle soit religieuse raciale ou culturelle est un non-sens
philosophique absolu. Elle amène au non-respect de la vie qui est un
principe qui impose un divorce complet de toute quête spirituelle
réussie. Il s'agit aujourd'hui d'engranger des différences et de savoir
les prendre en compte. Ayant grandi auprès de musulmans d'origine
pakistanaise, je peux témoigner de leur affabilité et de la capacité
qu'ont les dogmes religieux à vivre en bonne intelligence là où
s’établissent des liens solides et respectueux des croyances de chacun.
C'est pourquoi il faut arrêter le train avant qu'il ne déraille. C'est
un message à l'intention de tous ceux dont la quête consiste à se
réaliser et à permettre à d'autres de se réaliser sans soucis
d'appartenance trop rigidement établie. Quête spirituelle d'accord,
nous avons tous besoin de sens et de comprendre the meaning of life,
mais on ne peut construire, vendre acheter et se développer que si l'on
établit un lien durable avec son entourage.
Or que voyons-nous ?
Des moyens toujours plus puissants de communication qui ne servent pour
certains qu'à développer; la haine, la mort, les impasses absolues.
Cette soit disant guerre est surtout l'expression d'une incapacité des
hommes à se servir des moyens qui sont à présent à leur disposition
pour s'entendre et se parler. Éviter la folie quand elle agit de cette
manière, c'est à dire en contaminant les esprits par des expressions
faussées de la volonté de Dieu. Dieu n'a jamais voulu la guerre
qu'elles que soient les expressions qu'elle prenne et quand il sent que
ses fils sont dans l'erreur, il les abandonne. Travaillez donc à le
maintenir à vos côtés, vous qui prétendez croire en Lui, autrement que
par les actions paranoïaques et l'histoire sans fin des représailles
toujours renouvelées. Il faut enterrer les morts et soigner les
vivants. Sauver les enfants et leurs mères et ne pas laisser
l'absurdité des choses imposer une plus grande désorganisation des
principes qui nous guident.
Les questions auxquelles nous
avons affaire ne sont pas des questions simples. Elles exigent une
vraie intuition, une volonté concertante et un instinct sûr. Dès lors
comment ne pas imaginer que la solution ne soit pas dans un dialogue et
dans un adieu progressif aux armes qui finira tôt ou tard là aussi par
venir. Il ne s'agit pas de pacifier totalement, l'esprit peut être
incisif mais d'aller dans le sens de la réconciliation.
Sinon
nous ne serions que des rats au fond de la cale d'un bateau qui coule —
la terre à laquelle nous avons tant de soins à prodiguer — se disputant
stupidement pour le bout de saucisson restant.
Piètre spectacle
pour ceux qui aiment la vie et les merveilles qu'elle est capable de
mettre sur notre chemin. Un esprit noir applaudirait du fond de sa
cachette cette défaite humaine, car nous faisons tous partie d'une
seule et même famille : l'humanité.
A vous...

Une autre vision du Monde
Je
ne voudrais pas ici jouer un rôle de trouble-fête, mais je crois qu'il
est important d'ouvrir des perspectives et d'aller à l'encontre de
certaines conceptions, qui en matière de politiques culturelles, sont
aujourd'hui dépassées, ou, plus exactement, d'imaginer les conceptions
nouvelles sans lesquelles nous pourrions un jour courir de graves
dangers.
J'étais Jeudi et Vendredi à un sommet de la Banque
Mondiale sur le développement de l'Afrique. Nous avons beaucoup
discuté, pour ceux qui connaissent le sujet, du NEPAD, et aussi, en
tant que président d'une ONG, du rôle des nouvelles technologies dans
le décollage économique de l'Union africaine. Vous devez vous dire,
mais quel rapport entre la coopération, le développement économique
d'autres continents, et la Culture ?
Il y en a un, et il est
vital. La semaine prochaine à Genève aura lieu le sommet mondial de la
société du savoir et ces problématiques ne sont pas anodines.
Vous
ignorez peut être que l'Europe est d'une certaine manière en train de
financer un décollage de l'Afrique qui risque de se faire au bénéfice
de l'Asie. La Chine, absorbe aujourd'hui plus de la moitié des flux d'investissements mondiaux, devant les Etats-Unis, et bien sûr, devant l'Europe.
Nous
sommes peut être à l'heure où nous discutons tranquillement dans cette
salle, en train de perdre une bataille gigantesque aux conséquences
encore insoupçonnables pour notre avenir collectif. En effet, le
leadership économique confère presque de facto, un leadership culturel.
La France était le centre de l'attention internationale dans le domaine
des arts, alors qu'elle était au faîte de sa puissance économique.
Pourquoi
est-ce que je vous dis cela ? Tout simplement parce qu'il n'est plus
possible de négliger cette dimension internationale. On s'aperçoit
aujourd'hui que le français est au 9eme rang mondial, en terme de
présence sur Internet, malgré la francophonie, et que la Corée du Sud
se situe devant nous. Plus surprenant, encore, l'Allemagne est 5eme
position, alors qu'elle ne dispose pas officiellement d'une ancienne
zone d'influence coloniale, comme c'est notre cas. C'est donc bien un
problème d'attitude et de volonté, volonté politique en grande partie,
car tout ceux que j'ai rencontrés, du Directeur Europe de la banque
mondiale, au ministre de la coopération belge, en passant par
l'ensemble des responsables africains, notent un recul de la visibilité
française en terme de présence.
Nos politiques semblent
inadaptées et peu efficaces. La coopération ne marche pas. Le Rwanda
reste, de l'avis de tous ses acteurs, le souvenir d'une terrible
sensation d'échec. Les centres français, et ce n'est pas là une réalité
strictement africaine, tournent en dessous de leurs capacités.
L'alliance française recule partout, ou presque. La diplomatie
française enregistre des succès qu'elle ne parvient pas à transformer,
parce que la structure de transmission est très en dessous de ses
possibilités.
C'est, et je le répète, un problème éminemment culturel.
C'est
aussi un problème d'imagination politique. Nous n'avons pas su
mobiliser les ressources de réflexion nécessaires pour renverser cet
état de chose. Or cette situation, observée en Afrique, s'étend à
l'Amérique Latine, aux pays arabes, et à ceux d'Asie du sud-est.
Il est grand temps de réagir. Pourquoi ?
Après
tout, nous pourrions très bien supporter les blessures narcissiques
d'un orgueil national qui a été maintes fois meurtri par un de nos
grands classiques, la défaite sportive. En général, on a perdu, mais on
a notre honneur. Malheureusement, nous constatons, et c'est plus grave,
que de manière de plus en plus dure, de plus en plus dramatique,
aujourd'hui en France et en Europe — et ceux qui situent le cadre de
réflexion approprié à cette échelle ont souvent raison — nous
enregistrons comme au greffe les effets induits de cette lente dérive
des continents et ce n'est pas pour vous faire subir une autre
variation sur le thème du déclin. Les conceptions qui présidaient au
consensus de Washington, et là, ce n'est pas tant économique que
culturel, et même idéologique, au sens péjoratif du terme, sont partout
dominantes, y compris en Afrique. Et nous n'avons pas nous mêmes de
raison de pavoiser. L'honneur vacille quand nous voyons notre
protection sociale exploser, les délocalisations se multiplier, nos
services publics disparaître, nos administrations soumises à des
logiques entrepreneuriales, tout cela est le résultat direct d'une
sorte de perte progressive d'immunité culturelle et conceptuelle et ce
n'est pas là un paradoxe.
Je pense comme beaucoup d'entre vous, je l'espère, que la culture est la clef de l'économie de demain.
Il
nous faut donc reconstruire ce qui a été détruit, puis le dépasser,
pour mettre en valeur nos atouts, et ils sont nombreux, souvent
consciencieusement ignorés, et vaincre nos faiblesses, tout cela dans
le cadre de nos réflexions.
C'est pourquoi, nous devons ensemble
affirmer que la politique culturelle étrangère, part intégrante des
politiques culturelles tout court, ne doit pas être la prérogative
d'une congrégation professionnelle dont le métier est la diplomatie.
Les
questions de culture française dans le monde devraient être pensées,
formulées, et mises en œuvre par des gens dont c'est la vocation, c'est
à dire des gens qui, conscients des réalités politiques et des enjeux
économiques de la situation internationale, soient aussi en mesure de
les replacer dans une problématique de culture, dimension essentielle
qui n'est pas réellement prise en compte à l'heure actuelle.
Le
constat n'est pas anecdotique. Il y a 30 millions de personnes
atteintes du sida en Afrique, et des centaines de millions qui vivent
dans des conditions de pauvreté dégradantes, et qui plus est, subissent
des guerres, des famines, et d'autres pandémies, toutes choses qui si
elles étaient instruites, pourraient souvent être évitées.
Faire
enfin rattacher au Ministère de la Culture, tout ou partie de cette
action, consistant à faire éclore la connaissance selon les valeurs que
défendent aujourd'hui les européens, consiste à pratiquer une politique
de civilisation, au sens où l'écrit Edgar Morin, dans un petit livre.
Cela lui permettrait de créer le chaînon manquant d'une politique dont
on voit bien qu'elle a atteint ses limites sous l'égide des Affaires
Etrangères. Surtout en des temps de clash symbolique dramatiquement
illustré par le terrorisme. Chose que le monde entier attend de la
France et de l'Europe. Ces questions très larges ont des répercussions
directes sur l'action que nous menons à l'intérieur du territoire
national, et ce dans des domaines parfois inattendus.
Comme, par exemple, le succès ou l'échec de notre engagement et de sa traduction concrète.
C'est
pourquoi j'ai envie d'imaginer avec vous, ici et au delà, ce programme
auquel nous travaillons, en suggérant d'attribuer au Ministère de la
Culture un secteur qui, par nature, lui revient, et surtout d'imaginer
les modalités d'une politique inspirée et forte, qui tiennent compte
des problématiques transversales auxquelles nous sommes aujourd'hui
collectivement confrontés. Alors, oui, nous aurions une chance de voir
triompher, y compris en Europe, les valeurs auxquelles nous sommes tous
attachés.
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