POEMES


L'Amour Ne Pas....
Holly Spirit in the Sky





Tout ce qui meurt et renaît


Cracher ses tripes
et croire
qu'on peut vider sa tête
de tout ce qui meurt et renaît

Un bouillon épais
me brûle les veines et les artères
Un flot sanguin
dans lequel je me noie

Dehors
Une vague d'énergie
noire et rebelle
plie et redresse chaque lampadaire

My poor friends
Amis partout rencontrés
Je vous aime mais je ne peux
être aimé de vous
que dans le silence feutré
d'une approche complice

Baisers collants et baisers légers
se partagent
les lignes imprécises de mon corps
Plaisir presque insupportable
intensité des mystères partagés

Cracher ses tripes et croire
que l'on peut vider leurs têtes
de tout ce qui meurt et renaît





Coincés dans leur peau


Nous nous déplaçons
à travers des forêts verticales
Traverses qui s'éloignent
Déjections partout étalées

Oiseaux qui se taisent

Les animaux ressemblent aux hommes
et les hommes aux animaux

Ils restent coincés dans une peau
qui craque de toutes parts
Ils avancent sur les trottoirs

Ils cherchent la chaleur
Ils cherchent l'amour
et jamais ne le trouve

Leurs bras sont chargés
Leurs yeux débordent

Les bouches sont pleines de mots étranglés
Leurs vies sont pleines de promesses
à peine ébauchées





Orage


Interrogeant la nuit et ses trouées sombres
où l'abandon et la fatigue sont ultra proscrits
je vois dans tes yeux les flèches qui constellent
les bras et les jambes des hommes crucifiés
D'avoir voulu autrement autres temps

Le ciel s'ouvre en lézardes larges - béantes
et s'y engouffrent la moiteur d'une journée poisseuse
chaleur et électricité carrée au creux de mes dents
je cherche ton humaine compassion au fond de la nuit
et les éclairs autour s'abattent consciencieux et zélés

dans la terre et jusque dans les tréfonds de mon for dévasté
je remonte le courant de ces stèles marbrées
et devine la force des intenses beautés
auxquelles  je recommande a présent la candeur du retrait

plus sombres et plus noires que le plus noir des traits
La pluie laboure le béton et flagelle les arbres du square
qui tombent un à un aux pieds de son humaine colère
alimente les flots indistincts qui tombent sur les pré
font déborder les rivières et pleurer les nouveaux-nés

soudain l'évidence est là
source intérieure ouverte/lumière immaculée
la réponse que vous attendiez
vient contrer les éclairs et revendiquer sa portée

rapide facile et mise au rang de nos attraits
elle se débattait dans tant de sollicitudes articulées
que sa voie pilonnée et son regard voilé
Cherchaient vainement les voies qui mènent à l'été

pauvres traces de haine qui ne siéraient pas à un benêt
je laisse parler la renommée et goûte l'intelligence étincelante
la rhétorique fine - les résultats accumulés du temps
au plus profond des noirs et des blancs
je sais leur justesse et je les vois se fourvoyer
ces nuances admirables sont parées ciselées
de tant de vie qu'elles tranchent la toile et l'écran
je les avale et mon cœur en dentelle
scintille chancelle de tant d'images acculées

Puis l'écho lointain de l'orage
finit par répondre à mes prières
et à leur exact opposé
S'éloigne et apaise les entrailles nouées de mon ventre

Voyant alors la face illuminée des blasphèmes
leurs parures de lait
les nourritures adultes la capacité de donner
celui qui commande à ces temps
comprend enfin la stricte nécessité
des gestes faits et des paroles prononcées

Alors le soleil — le vrai — pantelant
et gonflé de magnétisme accumulé
Arrache à mes côtes une plainte angoissée que je tais

Oiseau d'aujourd'hui qui vole de tous les temps
rapproche-toi doucement de l'heure de son lever
et souffle sur les nuées pour dissiper mes pensées
la couleur surgit éclabousse la rue et le jour hésite et renaît

J'arrache à mon esprit l'envie de triompher
de la splendeur du néant
mais je bois un verre de lait et je vais me coucher


Accès au Site